17 février : aux Comores, une réconciliation en trompe l’œil
La Journée de la Réconciliation Nationale est un nouveau jour férié aux Comores, institué en 2026. Il commémore l’Accord-cadre de Fomboni de du 17 février 2001, qui devait mettre fin à la crise séparatiste qui secouait l’archipel depuis 1997.
Pour mettre fin aux velléités sécessionnistes des îles d’Ajouan et Mohéli, cet accord prévoyait un système fédéral et une présidence tournante qui n’a jamais vraiment été appliqué, l’autonomie des deux autres îles, face à la Grande Comore, a été étouffée par un pouvoir central qui prend de plus en plus de place. La Constitution a même été modifiée suite à un référendum contesté en 2018. Le président Azali Assouma, ancien colonel putschiste, a été réélu pour la troisième fois en 2024, lors d’un scrutin contesté. Le gouvernement est dirigé par son propre fils. La démocratie aux Comores est en panne, les législatives de 2025 ont été boycottées par le principal parti d’opposition, la liberté d’expression de plus en plus réduite.
Pour l’opposition, La commémoration soudaine de la journée du 17 février, vingt-cinq ans après les Accords de Fomboni, date de la réconciliation nationale, n’est rien d’autre que de la manipulation et de la pure propagande dans l’objectif de montrer une cohésion nationale qui n’existe plus depuis l’arrivée d’Azali Assoumani au pouvoir en 2016.
À Mohéli, où furent signés les accords le 17 février 2001, dans la ville de Fomboni, plusieurs mouvements, notamment le M17, le mouvement des Femmes Leaders mohéliennes et des organisations de jeunesse, affirment vouloir défendre « l’esprit du 17 février ». Pour eux, cette date ne doit pas être utilisée et instrumentalisée par un pouvoir corrompu.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 17 février 2026
Moroni, la capitale (photo Woodlouse)