Souvenir de Pétain et Lyautey qui ont écrasé le Rif au gaz de combat

C’est Lyautey, l’un des maréchaux honorés aux Invalides ce 10 novembre, qui demande au gouvernement français d’abattre la république qui s’est constituée dans le Rif, un massif montagneux du Nord du Maroc. En novembre 1921, Abdelkrim et ses troupes ont mis en déroute l’armée espagnole de manière humiliante. Hubert Lyautey qui dirige le Maroc au nom de la France s’inquiète de la contagion. On lui envoie Philippe Pétain, le vainqueur de Verdun, pour employer la manière forte et aider les Espagnols à reprendre le nord du Maroc. À Tanger, Maréchal Pétain rencontre Primo de Rivera, le dictateur qui vient de prendre le pouvoir à Madrid. Le colonel Franco (le futur Caudillo) assiste à la réunion, c’est lui qui dirigera les troupes espagnoles, appuyées par Pétain côté français. Les 150 000 hommes accordés à Pétain face aux 20 000 combattants marocains ne suffiront pas pour venir à bout de la république rebelle. Lyautey demande à Paris l’emploi de l’arme chimique, le gaz moutarde. L’entreprise Schneider participera à l’élaboration des bombes sur place. Le premier débarquement aéronaval de l’histoire se déroule à Al Hoceima, le 8 septembre 1925. Quelque mois plus tard Abdelkrim et ses résistants sont vaincus. Les morts civils et combattants de comptent par milliers. Pétain est aussi le vainqueur du Rif, mais à quel prix ! 92 ans plus tard, on observe encore un nombre de cancer plus élevé qu’ailleurs dans le Rif marocain.

Selon Mimoun Charqi, auteur du livre Armes chimiques de destruction massive sur le Rif , 70 % des adultes et 50 % des enfants reçus au service d’oncologie de l’hôpital de Rabat en 2015 étaient originaires du nord du pays et plus particulièrement des villes d’Al Hoceima et de Nador.

Pour en savoir plus lire notre : Géopolitique du Maroc par Kader Abderrahim

petain.jpg
Le Maroc propose un dialogue direct et franc à Alger
 

Cette proposition va-t-elle avoir un écho ? Sachant que la frontière entre l'Algérie et le Maroc est totalement fermée depuis 1994, et que la dernière rencontre entre les chefs d'État algérien et marocain remonte à 2005.

L’allocution royale du 6 novembre 2018 coïncide avec le 60e anniversaire de la conférence de Tanger – qui avait vu les mouvements de libération du Maroc, d’Algérie et de Tunisie se prononcer pour l’unité du Maghreb – et avec les 43 ans de la « Marche verte » : le 6 novembre 1975, 350 000 Marocains entreprenaient à l’appel de leur roi de marcher de sur le Sahara occidental, à l’époque sous occupation espagnole, au nom de l’appartenance de ce territoire au Maroc.

à lire dans la Géopolitique du Maroc de Kader A. Abderrahim

 
M6.jpg