La Maroc célèbre sa Marche verte, l'acte de conquête de son Sahara

 

Pour la 44e fois, comme à chaque 6 novembre, le roi prononce un discours à l’occasion de l’anniversaire de la Marche verte, célébrée comme une étape marquante de l'histoire du royaume. Pour s’imposer sur le Sahara occidental dont le colonisateur espagnol était en train de se retirer, le roi Hassan II avait organisé un coup de force pacifiste : le déferlement sur ce territoire de quelque 350 000 civils, sans armes, le 6 novembre 1975. Le territoire demeure contesté au regarde du droit international, mais peu à peu la stratégie marocaine s’avère gagnante. Ce 6 novembre, son fils et successeur, le roi Mohammed VI s’est félicité que 163 États ne reconnaissent pas la RASD et que les accords d’associations du royaume avec ses partenaires consacrent pleinement la présence du Maroc au Sahara. La teneur de la résolution 2492, adoptée le 30 octobre 2019 par le Conseil de sécurité par 13 voix pour et les abstentions de l’Afrique du sud et de la Russie. Un texte accueilli avec une grande déception en Algérie et dans les rangs du Polisario.

En effet, le coup de bluff a formidablement réussi : le territoire est aujourd’hui intégré au royaume du Maroc, au moins officieusement, et plus le temps passe plus s’amenuise le risque que cette annexion unilatérale soit remise en question. Mais, quel coût ! Depuis plusieurs décennies l’économie du  Maroc entretient à grand frais des forces d’occupation et des transferts massifs d’argents destinés à acheter la paix sociale sur le territoire. Quel coût politique aussi ! Puisque que cet argument patriotique a permis à la monarchie d’établir un régime autoritaire qui n’a connu que de récents aménagements à la faveur du printemps arabe.

Pour en savoir plus sur ce pays, lire : Géopolitique du Maroc de Kader Abderrahim

 
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