24 février : il y a 101 ans, l'Estonie indépendante
 

C'est la fête nationale de l’Estonie (Eesti Vabariigi aastapäev). Le pays célèbre son indépendance obtenue en 1918, à l’occasion de la disparition de l’Empire russe. Une indépendance qui connaîtra néanmoins une éclipse d'un demi siècle : de 1940 à 1991.

Comme en Finlance, ce jour de fête nationale est l’occasion d’une grande réception organisé par le président de la République sous l’œil des caméra de la télévision. Le défilé interminable des personnalités auxquelle le président serre la main est appelé la "Parade des pingouins". Ce soir-là, la plupart des Estoniens passe leur soirée devant la télévision à commenter la tenue des uns ou des autres et à épiloguer sur la liste des invités. La réception du Président étant toujours organisée le 24 février, des réceptions similaires ont souvent lieu en province le 23 février.

Le 12 février 1919, le gouvernement provisoire désignait le 24 février comme la date de la déclaration d'indépendance en référence, en référence à la publication à Talinn, le 24 février 1918, du manifeste d’indépendance proclamée la veille dans la ville de Pärnu.

 
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23 février : de la Journée de la femme à la fête de l’homme russe
 

Aujourd’hui, en Russie, les femmes se doivent d’offrir un cadeau aux hommes de leur entourage (mari, père, cousins, collègues, patrons...). Certaines se ruinent à cette occasion. Mais d’où vient cette coutume ? Officiellement, ce jour férié est la Fête des défenseurs de la patrie, en somme la fête des soldats. Même s’il a aujourd’hui mauvaise presse, le service militaire concerne tous les hommes, alors cette fête est bien celle des hommes russes. Mais, à en juger par les cartes de vœux envoyées pour l’occasion, le caractère militaire reste très appuyé. Pourquoi le 23 février ? On vous dira que c’est l’anniversaire de la fondation de l’Armée rouge, en 1918, ce qui n’est pas tout à fait vrai, elle n’existait pas encore à cette époque. On cite aussi les victoires décisives de Pskov et de Narva sur l’armée allemande mais les dates ne correspondent pas vraiment (28 février et 4 mars 1918). Alors pourquoi, en 1923, a-t-on instauré ce jour-là, une fête de l’Armée rouge qui donnait lieu chaque année à un grand défilé sur la place Rouge ? En fait, c’est par souci de commémorer une date sacrée de la révolution russe : le 23 février 1917 du calendrier julien, jour des premières manifestations qui allaient mettre par terre le régime tsariste. Mais, comme les bolcheviques n’ont été pour rien dans cette première révolution spontanée, ce qui contredisait les théories marxistes, il fallut bien trouver une autre raison de fêter le 23 février, quitte à tordre un peu l’histoire. Dans le calendrier grégorien, on était le 8 mars, Journée internationale de la femme, depuis peu d’années, mais dont l’échos était parvenu jusqu’à Pétrograd. Ce jour-là, en 1917, des marches de protestation féminines avaient été organisées dans le seul but de dénoncer la condition faite aux femmes. Spontanément, les ouvrières du textile ont quitté leur travail en masse pour rejoindre ces bourgeoises réclamant le droit de vote et se sont mises à dénoncer leur condition sociale d’ouvrières. Elles ont vite été suivies par d’autres ouvriers hommes et femmes... Mais ce n’est que sept mois plus tard que les bolcheviques vont vraiment prendre le pouvoir (le 7 octobre). Sans le savoir, en offrant un cadeaux à leurs compagnons, les femmes russes commémorent la première phase de la révolution russe dont elle ont été les premières actrices.

 
22 février : le festival d'Abou Simbel
 

Ce matin à l'aube, le soleil va pénétrer jusqu'au fond du temple d'Abou Simbel, éclairant la statue de Ramsès II. Ce phénomène ne dure que 24 minutes et ne se produit que deux fois par an : le 22 octobre et le 22 février. Au fil des ans, il est devenu une attraction touristique majeure, accompagnée de spectacles et différentes manifestations désignés sous l'appellation de Festival d'Abou Simbel. 

Le festival d’Abou Simbel célèbre la précision et l’égoïsme architectural de Ramsès II, qui a soigneusement orienté son temple à Abou Simbel de sorte que le sanctuaire intérieur s’éclaire deux fois par an - une fois pour l’anniversaire de son ascension sur le trône et une autre le jour de son anniversaire. 

Symboliquement, le soleil illumine trois des quatre statues. Seule la statue de Ptah, le dieu des ténèbres, subsiste dans les ténèbres.

Au début des années 1960, l'ensemble du complexe de temples a été déplacé sur les hauteurs lorsque le barrage d'Assouan a engendré le lac Nasser et l'inondation de la région. Les deux temples ont été démantelés et élevés sur une hauteur de plus de 60 mètres sur la falaise de grès où ils ont été réassemblés, dans le même rapport l'un avec l'autre et avec le soleil, et recouverts d'une montagne artificielle. Avant que les temples ne soient déplacés, le phénomène se produisait les 21 février et 21 octobre.

 
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21 février : la journée de la langue maternelle
 

Toutes les deux semaines, une langue disparaît, emportant avec elle tout un patrimoine culturel et intellectuel. 2500 langues sont en voie de disparition dans le monde, dont 25 en France. Seulement 200 d’entre elles sont enseignées ou ont un statut officiel. Pour promouvoir la diversité linguistique, l’Onu a instauré en 1999 une Journée internationale de la langue maternelle chaque 21 février.

Pourquoi cette date ? En souvenir des cinq étudiants bangladais tués par la police pakistanaise alors qu’ils manifestaient pour pouvoir continuer à étudier dans leur langue, le bengali. Le Bangladesh n’existait pas encore, le pays n’était autre que le Pakistan oriental. En 1952, les autorités pakistanaises n’avaient rien trouvé de mieux que d’imposer l’ourdou, la langue du Pakis­tan occidental, comme unique langue officielle de l’État du Pakistan, d’où le soulèvement de la population bengalie. Chaque année, à Dacca, à l’ocasion de ce Langage Martyr Day, une gerbe est déposée sur le mémorial des martyrs de la langue nationale.

En France, où le sujet est sensible, cette journée mondiale a peu d’échos sauf si les Corses ou les Bretons s’emparent de cette date, ce qui ne semble pas être le cas. À Paris, la mairie du 10e arrondissement organise, à 18h30, un concert de musique bengali, suivi de dégustation de spécialités du Bangladesh. À l’Unesco, une cérémonie et une conférence sont prévues…

En Afrique, c’est l’occasion d’une réflexion sur la place offerte dans les écoles aux très nombreuses langues maternelles, au nombre de 150 à 200 dans des pays comme le Tchad ou le Centra­frique. Peu de pays, à l’instar du Sénégal, leur offrent une vraie place. Le thème de la Journée internationale de la langue maternelle 2019 est « Les langues autochtones, ça compte pour le développement, la construction de la paix et la réconciliation ».

 
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20 février : au Maroc, souvenir lointain du Printemps arabe
 

Au Maroc, le Mouvement du 20-Février (M-20F) organise des manifestations dans plusieurs villes en souvenir d’un Printemps arabe marocain, en 2011, qui a laissé largement insatisfait nombre de Marocains qui avaient mis beaucoup d’espoir dans ce mouvement. Apparus dans la foulée des événements de Tunisie, les indignés marocains n’ont pas eu le même poids politique que dans ce pays, mais ils ont tout de même poussé le roi à faire quelques réformes à la hâte, comme la promulgation d’une nouvelle constitution en juillet 2011. Ce toilettage politique n’a été qu’un moyen d’étouffer le mouvement. Pour beaucoup de manifestants de 2011, la révolution reste à venir. Le mouvement du Hirak en 2017, écrasé violemment, n’étant, à leurs yeux, qu’une répétition locale.

Le mouvement du 20-Février est toujours présent dans les esprits des Marocains. Chaque année, des syndicats et des mouvements politiques le commémorent en organisant des manifestations à Rabat et à Casablanca. Rien a changé depuis 2011 : la répartitions très inégalitaires des richesses comme l’absence de démocratie véritable. Les Hirak du Rif, de Jerada, de Zagora n’ont pourtant pas entrainé de nouvelles révoltes généralisées par manque d’impulsion à l‘échelle du pays. Le Maroc n’a pas connu le retour à une dictature violente comme en Égypte ni l’anarchie de la Libye ou la guerre de Syrie, mais la stabilité du Maroc, basée sur l’immobilisme du système, n’est pas forcément un gage pour l’avenir.

 
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19 février : les Bouddhistes célèbrent Magha Puja
 

Le temple du Bouddha d’émeraude à Bangkok accueille aujourd’hui un hôte de marque en la personne du roi de Thaïlande. Si l’humeur lui en dit, il vient officiellement ouvrir les célébrations de la fête de Magha Puja en ce jour de pleine lune du troisième mois lunaire ! Des milliers de fidèles partout en Thaïlande mais aussi au Cambodge et au Laos vont venir fleurir les temples, y faire des offrandes, préparer et donner de la nourriture aux bonzes et, plus généralement, se repentir de toutes les mauvaises actions accomplies durant l’année écoulée. À la nuit tombée, des processions de flambeaux vont aller d’un temple à l’autre ou faire le tour des monastères tout en étant ponctuées par des danses et des sermons rappelant les enseignements de Bouddha.

Cette fête commémore l’enseignement de Bouddha à 1 250 disciples éclairés, elle est considérée comme une des principales fêtes du calendrier bouddhiste avec l’anniversaire de sa naissance, son éveil et sa mort.

 
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18 février : aux États-Unis, c'est President's Day
 

La journée est surtout connue des milieux boursiers car ce jour-là, par tradition, Wall street est fermée. Les banquiers et les fonctionnaires fédéraux sont également en vacances. C’est une bonne journée pour le commerce, les vendeurs de voitures sont réputés casser les prix ce jour-là.

Rien avoir avec Donald Trump, les Américains fêtent en réalité l’anniversaire de Georges Washington. Certes, celui-ci est né un 22 février, mais le President Day tombe toujours un lundi. Les commémorations qui associent aussi le président Lincoln (né le 12 février), se déroulent à Washington DC ainsi qu’à Alexandria, en Virginie, sa ville natale. Un grand défilé en costume du XVIIIe siècle, se parcourt les rues de la ville, au son de la cornemuse (Alexandria a été fondée par des Écossais), devant 75 000 spectateurs. La loge maçonnique locale participe également aux célébrations en hommage à l’un des leurs.

Ce week-end prolongé permet aussi aux Américains qui le peuvent de passer trois jours à la montagne pour faire du ski. On notera que les syndicats américains ont obtenu pour que tous leurs jours fériés tombent un jour de semaine (sauf le 4 juillet, date sacrée), une idée à retenir…

 
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17 février : le Kosovo, État préadolescent
 

Le Kosovo fête ses onze ans et son indépendance n’est pas encore unanimement admise. En 2019, seuls les deux tiers des États dans le monde reconnaissaient ce pays de 2 millions d’habitants dont l’histoire avait fait une province serbe mais dont la population actuelle (90 % d’Albanais) aurait pu faire intégrer à l’Albanie. Dans la Yougoslavie communiste, le Kosovo avait un statut de province autonome du fait de la présence déjà très forte d’Albanais, les populations serbes ayant migré vers le nord, au cours des siècles. Aujourd’hui, sur les 120 000 Serbes vivant encore au Kosovo, seules 40 000 personnes, établies à la frontière nord, rejettent leur statut de citoyen de la république du Kosovo, un État né le 17 février 2008 sous les parrainages de l’ONU et de l’OTAN. Depuis, la vie politique de ce petit pays, sapée par la corruption des élites, a toujours été très cahotique et fort peu démocratique. En 2018, pour son dixième anniversaire le pays s’est offert une armée.

Le pays n’est reconnu ni par la Serbie ni par la Russie. Cette dernière s’est toutefois servie de cet exemple pour reconnaître de manière unilatérale des républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Au sein de l’UE, la résistance à reconnaitre le Kosovo de la part de pays comme l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie, Chypre et la Roumanie, tient plus à des considérations géopolitiques internes qui leur sont propres.

 
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16 février : manifestation néo-nazie en Bulgarie
 

Samedi soir, comme chaque année à la fin février, une marche au flambeau rassemble dans les rues de Sofia, la fine fleur de mouvance néo-nazie européenne. La « Marche de Loukov » est organisée par l'Union nationale bulgare (BNS) pour commémorer le décès de Christo Loukov, ministre de la Défense des années 1930, pro nazi, mort assassiné par un groupe communiste le 13 février 1943. Loukov dirigeait l'Union des légions nationales bulgares, une organisation fasciste et antisémite. Son successeur idéologique, le BNS, est accusé d’avoir adopté une idéologie similaires. Cette marche a été organisée très officiellement de 2003 à 2014, puis a été interdite par la municipalité de Sofia à la demande de Moscou. Néanmoins les autorités n’ont pas pu empêcher le défilé de centaines d’irréductibles bravant l’interdiction. En septembre 2017, un tribunal administratif a finalement annulé l'interdiction, affirmant que celle-ci violait les droits constitutionnels des organisateurs…

Cette Marche de Loukov est devenue au fil des années l’un des rendez-vous européens de la droite extrême. On peut y croiser des Allemands des organisations Die Rechte et Junge Nationalisten, des membres du groupe français la Jeune Nation (qui rend aujourd’hui hommage à Loukov sur la page d’accueil de son site internet) ou des partisans suédois du Mouvement de résistance nordique…

En 2018, le Congrès juif mondial, avait déposé une requête, signée par plus de 175 000 personnes auprès du Premier ministre bulgare Bokyo Borissov, pour protester contre une parade organisée par les néo-nazis pour célébrer un dirigeant de la Seconde Guerre mondiale, proche du Troisième Reich. Très peu de juifs vivent aujourd’hui en Bulgarie où l’antisémitisme est toujours présent. Fin janvier 2019, une synagogue de Sofia a encore été saccagée.

 
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15 février : la journée de la cause kurde
 

Chaque année, le 15 février, les Kurdes marquent l’anniversaire de la capture d’Abdullah Öcalan, chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), par des manifestations dans de nombreuses villes turques qui se terminent invariablement par des affrontements, souvent sanglants, avec la police. Cette année, c’est le 20e anniversaire de la capture de leur leader. Il intervient dans le contexte tendu de la guerre en Syrie où les Kurdes craignent de devoir affronter prochainement l’armée turque, si les Américains confirme leur départ.

Des dizaines de milliers de Kurdes sont attendus ce samedi, 16 février, à Strasbourg. Comme chaque année, plusieurs cortèges de marcheurs kurdes, venus de toute l’Europe, vont atteindre la capitale alsacienne après plusieurs jours de marche, pour manifester devant le siège du Conseil de l’Europe, une organisation dont la Turquie est membre. Ils sont chaque années 25 000 à 30 000 à faire le voyage. Certains font plusieurs centaines de km à pied, venant d’Allemagne, de Suisse, Belgique, France… Cette années, ceux qui ont traversé l’est de la France étaient opportunément habillés de gilets jaunes.

Considéré comme l’ennemi public numéro un de la Turquie, A. Öcalan va avoir 70 ans. Il a été arrêté le 15 février 1999 par des agents turcs au Kenya au terme d'une longue traque. Depuis, il vit dans un isolement quasi-total dans l'île-prison d'Imrali, dans la mer de Marmara. Cette absence en a fait une figue mythique et charismatique non seulement pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit avec l'État a fait plus de 40 000 morts depuis 1984, mais aussi pour les mouvements kurdes de la région, notamment ceux de Syrie. L’audience du PKK et la notoriété d’Öcalan, dit Apo, l’oncle, sont aujourd’hui beaucoup plus importantes qu’il y a 20 ans.

 
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14 février : la Saint-Valentin, fête mondialisée
 

En Chine, les jeunes générations ont largement adopté cette fête qui éclipse aujourd’hui la traditionnelle Qīxī qui tombera le 7 août. Mais, elle n’est pas fêtée partout. Dans le monde musulman, cette fête, jugée décadente, est plutôt mal vue, voire quasiment prohibée dans les pays les plus radicaux. En Arabie saoudite, la police religieuse pourchasse toute décoration rouge dans les vitrines de magasins, les emballages cadeaux à motifs de cœurs sont interdits. Pas question, aujourd’hui, pour les fleuristes de vendre des roses rouges. Du coup, elles se négocient sous le manteau quatre ou cinq fois leur prix. En Iran, la vente de tout ce qui à trait à la Saint-Valentin est interdite depuis 2011. Pour la jeunesse des classes moyennes et aisées, la journée est l’occasion de sortir en couple, de préférence dans des soirées privées, car ni les bars ni les boites de nuit ne sont mixtes en Iran. 

En revanche, la Saint-Valentin est de retour à Mossoul. Interdite durant l’occupation de la ville par le groupe État islamique (EI), la fête des amoureux a pris possession, des rues de Mossoul, l’ex-capitale irakienne de l’organisation djihadiste.

En Occident, cette fête des amoureux fait un peu ringarde, elle n’est plus guère fêtée aujourd’hui. Au Japon, au contraire, elle connaît un grand succès. Ce jour-là, ce sont les femmes qui offrent des chocolats aux hommes, giri-choco pour les amis ou les collègues de travail, honmei-choco pour leur amoureux, assortis parfois d’un cadeau plus personnel comme une cravate. Le 14 mars, Jour blanc, les hommes feront un cadeau en retour à leur dulcinée. 

 
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13 février : Dresde ville symbole
 

La commémoration des bombardements de Dresde (Allemagne) tourne chaque année à l’affrontement entre l’extrême droite néonazie qui tente d’instrumentaliser cette journée et la population mobilisée contre les extrémistes en formant une chaîne humaine. Plusieurs milliers de policiers sont mobilisés pour éviter les affrontements. La droite radicale profite de cette date pour des défilés surprises dans diver­ses villes du monde germanique.

Cette tension politique éclipse les 25 000 victimes de la « tempête de feu », trois jours de bombardement au phosphore (du 13 au 15 février 1945) sur la Florence allemande, dont il ne restera plus que ruines. Après ceux d’Hiroshima et de Nagasaki, il s’agit du bombardement aérien le plus meurtrier de cette guerre. Dresde n’était pas un objectif stratégique majeur et, en février 1945 , l’Allema­gne était déjà à genoux. Un demi-siècle plus tard, les Anglais et les Américains ont finalement prononcé des excuses pour tant de victimes civiles inutiles. Mais, comme il s’agissait de punir un pays et un peuple à l’origine de plusieurs millions de morts en Europe, l’histoire a finalement relégué ce drame au rang de simple épisode de la guerre.

 
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12 février : c'est Darwin Day !
 

En réactions aux attaques des différentes religions contre la théorie de l’évolution, décrite par Charles Darwin de manière scientifique, des universités américaines ont lancé un Darwin Day (le savant est né le 12 février 1809) qui a pris aujourd’hui une dimension internationale.

Dans les pays musulmans, de petites groupes d’intellectuels se réunissent ce jour-là pour résister à la pression religieuse ambiante et insister sur la primauté de la science sur les croyances. 

De nombreux centres de recherches ou universités organisent des événement ce jour-là, où le week-end précédent, en particulier aux États-Unis, en Italie, en Suède, Pologne, Espagne, Singapour, Brésil, Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège, Mexique, Portugal, Slovénie, Canada, Japon… La France, pour le moment, ignore l’événement.

Déjà, en 1909, plus de 400 scientifiques et dignitaires de 167 pays se sétaient réunis à Cambridge pour rendre hommage aux contributions de Darwin et pour débattre avec vigueur des récentes découvertes et des théories apparentées qui se disputaient leur acceptation. Également en 1909, le 12 février, l'Académie des sciences de New York et le Musée d’histoire naturelle avaient célébré le 100e anniversaire de la naissance de Darwin et le 50e anniversaire de la publication de L’origine des espèces

Le 12 février est également la journée officielle des îles Galapagos, mais c’est en souvenir de l’annexion de cet archipel par l’Équateur, un 12 février (1832). Localement, ce jour est aussi l'anniversaire de la "découverte" du fleuve Amazone.

Le site officiel

 
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11 février : Téhéran célèbre la révolution de grand-papa
 

40 ans ans déjà ! Les jeunes révolutionnaires de 1978-1979 sont aujourd’hui grand-parents. Plus de la moitié de la population n’a pas connu la révolution que l’on célèbre chaque 11 février. L'Iran fête sa l’évènement dans un climat de contestation du régime. Comme chaque année, celui-ci organise  une grande manifestation sur la place Azadi de Téhéran, lieu de tous les rassemblements nationaux. Comme les autres, cet anniversaire de la chute du shah est marqué par un discours convenu du Guide suprême, Ali Khamenei, mais l'esprit n'y est plus. Sans la campagne de sanctions orchestrée depuis des années par les États-Unis, le régime des mollahs serait sans doute déjà tombé. Seul l’état de siège imposé au pays lui permet de survivre. La jeunesse, aujourd’hui, ne rêve plus de révolution. La démarche logique, après l’obtention d’un diplôme est de expatrier au Canada ou aux ÉtatsUnis, en particulier à Los Angeles, où vivent à présent plus d’un demi million d’Iraniens.

11 février 1979, c’est le jour où le dernier chef du gouvernement du chah, Chapour Bakhtiar, abandonne le pouvoir après dix jours d’insurrection dans la capitale iranienne. Le shah, Mohammad Reza Pahlavi avait fuit l’Iran dès le 16 janvier et Khomeiny est arrivé à Théran, le 1er février. Une partie de l’armée a rejoint les insurgés. « La révolution est gagnée », proclame un communiqué dans la nuit. Le 31 mars, un référendum fera de l’Iran impérial une «République islamique» et de Khomeiny son Guide suprême. Une dictature allait en remplacer une autre.

 
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10 février : la Journée du souvenir en Italie
 

La Giornata del ricordo, instaurée en 2004, invite à se souvenir des victimes italiennes des massacres opérés par les forces yougoslaves entre septembre 1943 et mai 1945. La plupart ont été jeté dans les foibe, ces cavités naturelles du littoral adriatique, parfois encore vivantes. Ainsi ont péri quelque 1500 à 2000 personnes, selon les historiens ; 10 000, selon les organisations de rapatriés italiens. Ces opérations de nettoyage ethnique n’ont vraiment cessées qu’au début de 1947. La date du 10 février est celle du traité de paix signé à Paris entre la Yougoslavie et l’Italie. Le souvenir est très vif en Italie, où de nombreuses associations cultivent cette mémoire. On oublie souvent que des atrocités ont été commises par les deux camps, notamment par les troupes italiennes qui pratiquèrent parfois une stratégie de la «terre brûlée» inspirée des méthodes allemandes. 

Les territoires concernés : l’arrière pays de Trieste, l’Istrie, Rijeka (Fiume), Zadar (Zara)… ont été acquis par le royaume d’Italie en 1918. 42% des habitants (celle des villes principalement) étaient italiens, 58% étaient slaves (Slovènes et Croates). La région a subi pendant deux décennies une politique d’italianisation à outrance et de racisme à l’égard des Slaves qui explique la violence des réactions dans les années qui ont suivi la chute du régime fasciste. Avec l’arrivée au pouvoir des communistes yougoslaves, le processus s’est inversé, les villes ont été slavisées et la population italienne, très pro-fascistes dans les années 1930 et 1940, massivement chassée vers la péninsule italienne.

Aujourd’hui ces régions sont situées en Slovénie et en Croatie, les Italiens n’y représentent plus qu’une petite minorité. Les Italiens réclament des indemnités, Slovènes et Croates leurs répondent en chiffrant les victimes yougoslaves du fascisme italien à plusieurs dizaines de milliers. Cette guerre des mémoires profite aux extrêmes droites des différents pays, lesquelles dominent aujourd’hui le gouvernement de Rome, comme celui de Zagreb.

 
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9 février : la Saint-Maron, fête libanaise
 

La Saint-Maron est jour chômé et fête nationale au Liban. Tous ceux qui comptent, Président, Premier ministre en tête, chefs de file et membres de l’establishment politique, personnalités influentes du monde économique viennent écouter l’homélie du patriarche Béchara Raï, l’une des principales autorités religieuses du pays, axée invariablement sur la moralisation de la vie politique et administrative et sur le respect de la constitution qui prévoit une coopération dans l’égalité et l’équilibre entre les communautés. Ainsi voit-on, le président libanais, Michel Aoun, un chrétien, et le chiite, Nabih Berry, président de l’assemblée nationale assistant ensemble à la messe aux côtés de personnalités musulmanes sunnites, orthodoxes ou arméniennes.  Le plus souvent, cet office est célébré par l'archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar.

Saint Maron (ou Maroun) est un moine qui a vécu en Syrie à la fin du IVe et au début du Ve siècle.  Son tombeau, situé à Brad, près d’Alep, est aujourd’hui difficilement accessible en raison du conflit qui a détruit la Syrie.

Ce jour férié peut être aussi l’occasion d’une journée de ski sur le Mont Liban, avec une petite pause pour la messe.

 
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8 février : c’est la fête de la culture slovène
 

Cette date marque l'anniversaire de la mort du poète national slovène France Prešeren le 8 février 1849. La décision d'en faire la Journée de la culture slovène (slovenski kulturni praznik) date de 1944.  Depuis 1991, Prešernov dan  est un jour férié. Hier, a été décerné le prix Prešeren, la plus haute distinction du pays dans le domaine culturel. 

En 1991, la septième strophe du poème Zdravljica (le Toast) est devenue l’hymne national slovène.  L’effigie du poète apparaissait sur l’ancien billet de 1000 tolar et, aujourd’hui, figure sur la pièce slovène de 2 euros. Le square Prešeren à Ljubljana est orné d’une statue du poète, dont le regard fixe pour toujours un bas-relief de Julija son amour, de l’autre côté de la place.

 
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7 février : l’indépendance de la Grenade
 

La Grenade, petite île des Caraïbes, fête son indépendance obtenue en 1974 après deux siècles de présence britannique. Sans rompre avec le Commonwealth, le processus a été conduit par le chef du gouvernement Eric Gairy, ex-syndicaliste, un ancien instituteur. Celui-ci sera renversé cinq ans plus tard par un coup d’état mené par un mouvement révolutionnaire dirigé par Maurice Bishop. Ce gouvernement pro-cubain sera ensuite renversé par une intervention militaire américaine, c’était en 1983, c’est aussi la dernière victoire militaire dont l’armé des États-Unis puisse se prévaloir. Mais aujourd’hui, ce sont les évènements de 1974 qui sont célébrés par un jour férié. La fête nationale de la Grenade fait également l’objet de défilés patriotiques en présence de la représentante de la Reine, au nom évocateur, Cécile La Grenade.


 
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6 février : fête nationale contestée en Nouvelle Zélande:
 

La Nouvelle Zélande a le mérite de ne pas avoir choisi comme fête nationale l’anniversaire de l’arrivée des premiers Euro­péens, comme le très controversé Australia Day. L’ambiance n’est pas pour autant plus sereine. Les activistes maoris en ont fait une journée de protestation contre l’iniquité du traité de Waitangi qui leur a été imposé le 6 février 1840 par le Royaume Uni. De fait, peu de commémorations importantes sont organisées ce jour-là, les Néo-Zélandais profitent généralement de ce jour férié qui tombe au milieu de l’été pour aller à la plage.

 

 
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5 février : le nouvel an chinois, vietnamien, coréen...
 

Plusieurs pays asiatiques fêtent aujourd’hui leur entrée dans l’année du Cochon de terre, l’an 4717 du calendrier chinois. Une occasion de retrouvailles familiales, de retour dans sa terre natale qui donne lieu à d’innombrables allées et venues à travers les pays (plus de trois milliards ces dernières années pour toute la période des fêtes) avec son lot d’encombrements sur les routes, dans les gares aussi bien que dans les aéroports.

Le nouvel an chinois (农历新年) est célébré partout où la diaspora chinoise s’est installée, sur tous les continents. Dans beaucoup de pays d’Asie où ce jour donne lieu à des festivités grandioses, au Vietnam (Fête du Têt), en Indonésie, Malaisie, Corée du Sud (Seollal), Thaïlande ou aux Philip­pines on n’apprécie guère le terme de nouvel an chinois pour une fête que chaque pays s’est appropriée et il serait peut-être plus judicieux de parler de nouvel an du calendrier chinois ou tout simplement de nouvel an lunaire ou encore de Fête du Printemps (春节).

 
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