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28 juillet : le baptême de la Russie
 

C'est fête nationale aujourd'hui en Russie depuis 2009, quand le pays a décidé de célébrer son baptême un certain 28 juillet de l'an 988. Les célébrations religieuses, présidées par le patriarche de Moscou, se déroulent à la fois à Kiev et à Moscou. Pourtant, depuis le schisme de l’église ukrainienne, en janvier 2019, cette célébration ne peut qu’attiser les tensions entre les deux capitales.

On fête aujourd'hui le 1031e anniversaire du baptême de la Russie, la date correspond au jour de la Saint-Vladimir, du nom du prince qui a baptisé la Russie, laquelle n’existait pas encore en tant que telle. Son modeste territoire était centrée sur la région de… Kiev.

 
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17 juillet : anniversaire de l'assassinat du dernier tsar de Russie
 

Comme chaque année, des dizaines de milliers de croyants se rendent à Ekaterinbourg, dans l’Oural, pour célébrer l’anniversaire du massacre de la famille impériale de Russie en 1918.

Nicolas II, la tsarine Alexandra et leurs cinq enfants ont été fusillés dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 par les bolchéviques qui ont ainsi mis fin à 300 ans de dynastie Romanov à la tête de l'Empire russe. Les circonstances du crime demeurent très floues comme l’identité de leur auteurs. Le Tchéka dit, du bout des lèvres, la version officielle.

À l’emplacement de la maison (détruite en 1977 sur ordre de Boris Elstine pour mettre fin aux pèlerinage chaque 17 juillet) s’élève l’église du Sang-Versé. Malgré ces découvertes, et alors que la famille a été canonisée en 2000, l’Eglise orthodoxe refuse encore aujourd’hui de reconnaître ces ossements : "Pour elle, c’est un vrai problème. Elle ne peut pas risquer de reconnaître comme des reliques des restes qui pourraient ne pas l'être.

En 2008, la Cour Suprême de Russie a réhabilitée la famille impériale, la jugeant victime de la répression politique bolchevique. Les autorités russes ne prennent pourtant pas part aux cérémonies.

 
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22 juin : le Jour du souvenir et du chagrin en Russie
 

La journée est dédiée aux 27 millions de morts soviétiques de la « grande guerre patriotique », comme on la nomme en Russie. Dans tout le pays, on dépose des gerbes et des couronnes sur les tombes des soldats inconnus. Le 22 juin 1941 à l’aube, les soldats de Hitler commençaient à envahir l’URSS. Une entreprise qui, finalement, allait lui être fatale en raison de la résistance farouche des Soviéti­ques, opportunément aidés par le « général hiver ».

Le 22 juin est aussi une journée de fierté d’avoir gagné cette guerre. Un sentiment de plus en plus cultivé par le régime de Vladimir Poutine qui, pour les besoins de sa propagande, a entrepris une réhabilitation de Staline.

 
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12 juin : la fête de la Russie
 

La Journée de la Russie est une invention récente et elle cristallise tout les mécontentements. 4000 policiers sont déployés pour l’occasion dans la capitale russe, des arrestations préventives ont été opérées ces derniers jours dans les milieux d’opposition. Ce qui n’empêchera pas de grandes manifestations contre le président Poutine. D’ordinaire un rassemblement se forme place Pouchkine et un défilé descend l’avenue Sakharov. La mobilisation des déçus du régime est chaque année plus importante également sur Face­book et Twiter.

Alors que l’URSS étaient confronté à une série de déclaration de souveraineté, notamment celles des républiques baltes, la Russie proclamait la sienne le 12 juin 1990 (12 июня День России). Ce coup de pied de l’âne n’a fait que précipiter la fin de l’URSS. 

 
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6 juin : la journée de la langue russe
 

La Journée de la langue russe est un nouveau jour férié en Russie, instauré en 2011, afin d’encourager une langue qui a subit avec la disparition de l’URSS et du bloc de l’Est, une nette perte d’influence.

Le russe est plus ou moins parlé par 280 millions de personnes, mais n’est la langue maternelle que de moins de la moitié d’entre-eux. Hormis des progrès en Ukraine, partout hors de Russie, elle régresse au profit des langues locales ou de l’anglais. La date choisie est l’anniversaire de l’un des fondateurs de la langue littéraire russe : Alexandre Pouch­kine, né le 6 juin 1799, il y a donc 220 ans aujourd’hui.

Cette Journée Pouch­­kine est aussi l’occasion de déposer un gerbe au pied de l’une des quelques 200 statues du poète russe, partout dans le monde.

 
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9 mai : les Russes commémorent la victoire
 

Comme à l’époque soviétique, les Russes commémorent la victoire de la « Grande Guerre patriotique » qui s’est achevée par la capitulation signée à Berlin, le 9 mai à 0h16. D’où la date du 9 mai retenue par Moscou, alors que Paris fête la cessation des combats, le 8 mai à 15h. Les vétérans, de moins en moins nombreux chaque année arborent leurs nombreuses médailles. Les autres se contentent du ruban de Saint-Geor­ges (rayé orange et marron), vendu à la sauvette dans la rue et qui symbolise la victoire. Lors de sa première présidence, Boris Elsine a renoué avec les grands défilés militaires qui faisait la fierté des dirigeants de l’URSS : porte-missile, patrouille aérienne... le pays fait état de sa force militaire aux yeux du monde.

Le défilé du  9 mai a été conservé dans la plupart des États ex-soviétiques, sauf les pays baltes où, au contraire la date a parfois servi à des cérémonies semi-officielles d’hommage aux Waffen-SS qui ont provoqué des troubles. Même chose en Ukraine où la journée du 9 mai est assez tendue, car ce pays très divisé sur la question de ses relations avec la Russie. À l’ouest, à Lviv (Lvov),  la commémoration tourne généralement à l’émeute.

 
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5 mars : mort, il y a 66 ans, le cadavre de Staline bouge encore
 

Staline est mort le 5 mars 1953. La prise de conscience de ses crimes ne s’est faite que peu à peu. Gori, sa ville natale en Géorgie, n’a déboulonné sa statue qu’en… 2010. Ce qui n’empêche pas des centaines de personnes de venir tout de même lui rendre hommage. Une cérémonie est organisée dans une église, avant un bon repas pris dans le meilleur hôtel-restaurant de la ville, chez “Joseph”, bien sûr. On peut y déguster les plats préférés de Staline et réserver sa chambre. Le conseil municipal de Gori vient de voter des fonds pour reconstruire la statue, laquelle sera placée dans le musée consacré au grand homme.

À Moscou, on vient se recueillir sur sa tombe, au pied du Kremlin. Aucune cérémonie officielle n’est prévue, mais le régime de Poutine a partiellement réhabilité Staline en lui rendant hommage chaque 9 mai.

À Kaspisk, au Daghestan, une rue de la ville a été renommée en l'honneur de Staline…

 
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23 février : de la Journée de la femme à la fête de l’homme russe
 

Aujourd’hui, en Russie, les femmes se doivent d’offrir un cadeau aux hommes de leur entourage (mari, père, cousins, collègues, patrons...). Certaines se ruinent à cette occasion. Mais d’où vient cette coutume ? Officiellement, ce jour férié est la Fête des défenseurs de la patrie, en somme la fête des soldats. Même s’il a aujourd’hui mauvaise presse, le service militaire concerne tous les hommes, alors cette fête est bien celle des hommes russes. Mais, à en juger par les cartes de vœux envoyées pour l’occasion, le caractère militaire reste très appuyé. Pourquoi le 23 février ? On vous dira que c’est l’anniversaire de la fondation de l’Armée rouge, en 1918, ce qui n’est pas tout à fait vrai, elle n’existait pas encore à cette époque. On cite aussi les victoires décisives de Pskov et de Narva sur l’armée allemande mais les dates ne correspondent pas vraiment (28 février et 4 mars 1918). Alors pourquoi, en 1923, a-t-on instauré ce jour-là, une fête de l’Armée rouge qui donnait lieu chaque année à un grand défilé sur la place Rouge ? En fait, c’est par souci de commémorer une date sacrée de la révolution russe : le 23 février 1917 du calendrier julien, jour des premières manifestations qui allaient mettre par terre le régime tsariste. Mais, comme les bolcheviques n’ont été pour rien dans cette première révolution spontanée, ce qui contredisait les théories marxistes, il fallut bien trouver une autre raison de fêter le 23 février, quitte à tordre un peu l’histoire. Dans le calendrier grégorien, on était le 8 mars, Journée internationale de la femme, depuis peu d’années, mais dont l’échos était parvenu jusqu’à Pétrograd. Ce jour-là, en 1917, des marches de protestation féminines avaient été organisées dans le seul but de dénoncer la condition faite aux femmes. Spontanément, les ouvrières du textile ont quitté leur travail en masse pour rejoindre ces bourgeoises réclamant le droit de vote et se sont mises à dénoncer leur condition sociale d’ouvrières. Elles ont vite été suivies par d’autres ouvriers hommes et femmes... Mais ce n’est que sept mois plus tard que les bolcheviques vont vraiment prendre le pouvoir (le 7 octobre). Sans le savoir, en offrant un cadeaux à leurs compagnons, les femmes russes commémorent la première phase de la révolution russe dont elle ont été les premières actrices.

 
21 janvier : Louis XVI et Lénine célébrés le même jour
 

Dans plusieurs villes de France, quelques poignées de fidèles assistent à une messe à la mémoire de Louis XVI, roi exécuté pour trahison envers son pays. Ce 225e anniversaire est l’occasion pour la ville de Saint-Denis où se trouve la basilique, nécropole royale, de recevoir la visite de quelques personnes des beaux quartiers de la capitale. D'autres célébrations religieuses se déroulent en divers endroits, notamment à la Chapelle expiatoire à Paris, mais aussi, vers 10h, place de la Concorde, lieu de l’exécution du roi. À 12h15, une messe de requiem sera dite à Saint-Germain l’Auxerrois, l’ancienne paroisse des rois de France, en latin bien sûr. Toujours à Paris, le sanctuaire du catholicisme fondamentaliste, l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, donnera elle-aussi sa messe, à 18h30. La province participe aux célébration. Toulon, ancien fief royale, une messe de requiem est dite à 18h30 en l’église Saint-François-de-Paule, comme chaque année. À Marseille, c’est en la basilique du Sacré-Cœur, avenue du Prado à 19h qu’une messe, dite à la demande de l'Union Royaliste Provençale (Action Française) et du Souvenir Bourbonien. À Poitiers, c’est en l'église Notre-Dame la Grande…

Ce même jour, ce sont d’autres nostalgiques qui commémorent la mort de Lénine en 1924.  À Moscou, ils sont encore quelques milliers à se rassembler près de la Place Rouge. Chaque année son mausolée est fleuri. En France, aussi, quelques discrets hommages sont organisés.

En ces temps de contre révolution, nul ne doute que les célébrations du roi qui fut renversé par la Révolution française, primeront sur celles qui rappellent le souvenir du héros de la révolution russe. Le drapeau blanc (ou jaune) contre le drapeau rouge, semble être l’esprit du temps. Mais, le 21 janvier est aussi l’anniversaire de George Orwell…

 
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19 janvier : le baptême glacé des Russes
 

Ce vendredi soir, dès minuit, des milliers de Russes vont s'immerger dans l'eau glacée à l’occasion de l’Épiphanie. En Russie, la date de cette fête dépend du calendrier julien, ce qui la place le 19 janvier dans le calendrier grégorien.

Envie de se purifier le corps…ou de laver son âme de ses péchés ou encore désir de retrouver de l’énergie et des forces pour toute une année, c’est une tradition qui perdure selon un rituel immuable censé rappeler le baptême du Christ (Théophanie).

On perce des trous en forme de croix (du nom de yordan, en souvenir du Jourdain ) dans la glace et l’on s’immerge le corps dans l’eau glacée à 3 reprises (au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit), en poussant des cris de joie ! La cérémonie commence dès minuit et, à Moscou même où l’on attend plusieurs dizaines de milliers de participants, de plus en plus nombreux chaque année, quelque 200 sauveteurs ont été mobilisés en cas d’incident… Il en coûtera 3 500 roubles (un peu plus de 80 euros) aux courageux mais un buffet leur sera servi une fois le rituel terminé. On peut voir dans cet engouement un retour de la religion, si longtemps brimée et contrôlée à l’époque soviétique.

On s’en doute, le surhomme russe, Vladimir Poutine, se doit de montrer l’exemple. L’an dernier il s’est plongé dans le lac Seliger, dans la région de Tver.

 
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7 janvier : le Noël des Orientaux
 

Les chrétiens orientaux de Russie, de Serbie, de Géorgie, d’Éthiopie, d’Égypte... qui ont conservé le calendrier julien, fêtent Noël. La célébration a généralement lieu dans la nuit du 6 au 7 janvier et, dans beaucoup de pays, la fête commence dès le retour de la messe. Elle donne lieu à de véritables festins.

En Égypte, où ce jour est férié depuis 2003, la messe de minuit est suivie d’un grand banquet en prélude à un jeûne qui va durer 14 jours.

En Russie, on décore un pin plutôt qu’un sapin au pied duquel seront déposés des cadeaux. Le Père Noël russe s’appelle Ded Moroz et il a une fille, Snegourotchka qui l’aide dans sa besogne.

C’est Jules César qui, en 45 av. JC, réforma le calendrier romain pour rattraper le retard sur le cycle solaire, et décréta une année de 365,25 jours dont le début était fixé au 1er janvier. Ce calendrier julien (du nom de son concepteur) sera le seul utilisé dans le monde chrétien jusqu’à ce qu’une bulle du Pape Grégoire XIII, en 1582, institue un nouveau calendrier, dit « grégorien », visant à rattraper le retard de 10 jours accumulé par le calendrier julien au cours des siècles. Pour cela, il fut décrété que, cette année-là, le vendredi 15 octobre succéderait sans transition au jeudi 4 octo­bre. À ces 10 jours, il faut ajouter un écart de 0,0078 jour par an (soit 3,32 jours) depuis 1582 entre les deux calendriers ce qui conduit à une différence de 13 jours. Les églises catholique et protestantes utilisent toutes le calendrier grégorien, comme les orthodoxes de Grèce, Chypre, et Bulgarie.

 
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7 novembre : le souvenir de la révolution d'Octobre
 

Le jour n’est plus est férié en Russie (remplacée par le 4 novembre), mais reste une journée importante pour beaucoup de Russes. Pendant 73 ans, elle a été marquée par un grand défilé militaire à la gloire de la révolution d’Octobre. Selon l’historiographie communiste, la révolution aurait débuté dans la nuit du 24 au 25 octobre 1917 par un coup de force bolchevique. La Russie vivait à l’époque sous le calendrier Julien, conservé aujourd’hui seulement par église orthodoxe. Dès 1918, la révolution a été célébré le 7 novembre, selon la date du calendrier Grégorien que les révolutionnaires venaient d’adopter. 

Pour occuper l’espace politique, Vladimir Poutine organise ce jour-là des manifestations de ses partisans et tente de récupérer pour son propre compte des éléments de gloire de la geste stalinienne. Staline n'est plus du tout voué aux gémonies, bien au contraire, c'est au yeux du régime, un grand moment de l'histoire de la Russie.

Quant à la révolution d'Octobre proprement dite, Cuba et le Vietnam sont les seuls État a la commémorer encore officiellement.

 
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4 novembre : la très xénophobe Marche russe
 

Plusieurs milliers de personnes défilent dans les rues de Moscou en scandant « La Russie aux Russes, l'Europe pour les Blancs ». Officiel­lement, c'est la Journée de l’unité du peuple qui commémore la libération de Moscou en 1612, de l'occupation polonaise. Instaurée en 2005 par Vladimir Poutine pour renforcer l’identité nationale. Elle a été récupérée par tout ce que la Russie compte de mouvements nationalistes et xénophobes qui y ont vu une occasion de d'exprimer en toute légalité leurs idées xénophobes. 

 Le même jour, les chrétiens orthodoxes célèbrent l'icône de Notre-Dame de Kazan, dont l'image est liée à la libération de la Patrie de l'envahisseur étranger.

 
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30 octobre : la mémoire refoulée du Goulag
 

Ils sont quelques centaines, peut-être un millier, à se rassembler autour d’une grosse pierre devant laquelle brûlent des dizaines de bougies. La roche a été rapportée des îles Solovki, là où les premiers camps de concentration soviétiques ont été établis dès les années 1920. Placée là par l’organisation Mémorial, elle sert à Moscou de monument commémoratif aux victimes de la répression politique que l’on célèbre officiellement en Russie et dans les ex-républiques soviétiques (sauf l’Ukraine qui a commémoré ses martyrs le 19 mai). Nous sommes sur la place de la Loubianka à Moscou, le bâtiment qui abritait jadis le siège du KGB, et aujourd’hui celui de son principal successeur le FSB. Un semblable attroupement a lieu au même moment à Saint-Pétersbourg devant une pierre de la même ori­gine. Cela dit, les commémorations demeurent bien discrètes eu égard aux 10 à 15 millions de morts dans les camps du Goulag soviétique. La Russie de Poutine a de plus en plus de mal à regarder son passé en face.

Le 30 octobre 1974, dans son propre appartement Andreï Sakharov (et Sergueï Kovalev) organisent la première conférence de presse annonçant que le 30 octobre serait désormais le « jour des détenus politiques en URSS ». Le même jour, dans les camps de Mordovie, de Perm et à la prison de Vladimir, des détenus politiques entament une grève de la faim. Les années suivantes des manifestations se déroulent à la même date. Le 30 octobre 1989, plus de 3000 personnes, tenant des cierges, font une chaine humaine autour du siège du KGB, sur la place de la Loubianka à Moscou. Ils sont dispersés par les troupes du ministère de l'Intérieur. Finalement, en 1991, le le Soviet suprême fait inscrire le 30 octobre dans le calendrier des fêtes d'État comme « jour pour la mémoire des victimes des répressions politiques ». Mais les cérémonies officielles sont toujours très minimalistes et très peu relayée par la presse. Cette commémoration repose sur la spontanéité d’une petite part, souvent âgée, de la population.

 
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