Articles dans Indépendance
25 mars : les Grecs du monde entier célèbrent leur indépendance
 

La fête nationale grecque débute par une messe solennelle célébrée en l’église Saint Deny l’Aréopagite, à Athènes, par le Primat de Grèce, à laquelle assiste toute la classe politique. Ensuite, le président de la République dépose une gerbe sur la tombe du soldat inconnu. Des membres de la communauté grecque de Paris font de même à l’Arc de triomphe. Il s’ensuit un défilé militaire dans les rues d’Athènes, qui débute par les evzones, mais se limitera aux troupes à pied, crise économique oblige.

Une austérité qui tranche avec le faste prévu à New York pour la 81e parade annuelle de la diaspora grecque, sur la 5e avenue (de la 64e à la 79e rue). D’Odessa à Ottawa, en passant par Salonique, partout les Grecs célèbrent ce jour de 1821, où un évêque grec de Patras aurait levé l’étendard de la révolte contre  l’occupation ottomane. Ce geste n’était pas le premier et l’indépendance ne sera acquise que bien plus tard et sera toujours perçu comme incomplète, ne serait-ce qu’à cause de la situation de Chypre. Ainsi, comme au Mexique, préfère-t-on célébrer un premier cri d’indépendance, fut-il mythique que les débuts de l’État grec.

Quant à la date de la  commémoration nationale, le 25 mars, elle n’a pas été choisie par hasard, les orthodoxes grecs qui célèbrent aujourd’hui l’une de leurs principales fêtes, l’Annonciation à Marie.

La parade du Greek Day de Melbourne, Australie

 
grece.jpg
6 mars : la fête nationale du Ghana
 

Il y a 61 ans ans Kwamé Nkruma déclarait l’indépendance de la Côte d’or, aussitôt rebaptisée Ghana. On était le 6 mars 1957, c’était la première colonie d’Afrique noire à ainsi s’émanciper totalement de son tuteur européen. La date est devenue la fête nationale du Ghana.

Si le discours de Nkruma fit date c’est qu’il envisageait aussi l’indépendance de l’ensemble du continent. Père du panafricanisme, il sera l’un des fondateur de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963. Il inspirera beaucoup de leaders indépendantistes, en particulier son ami Sékou Touré de Guinée qui suivra son exemple dès l’année suivante (voir 2 octobre). Mais Nkruma avait fait émerger une république africaine, pas une démocratie. L’État qu’il dirigeait avait, dès 1959, adopté un régime autoritaire où l’on emprisonnait les opposants. Précurseur des indépendances, le Ghana le fut aussi des dictatures africaines. Il sera malheureusement imité par la très grande majorité des États qui accèderont les uns après les autres à l’indépendance.

Cela dit, il ne faut jamais désespérer, le Ghana offre aujourd’hui, un des meilleurs profils africains tant sur le plan politique qu’économique.

 
ghana.jpg
1er mars : il y a 100 ans, la Corée se soulevait contre l'occupant japonais
 

Le Jour du Mouvement d'Indépendance 삼일절 (samiljeol) est un jour férié et une commémoration annuelle, mais cette année le centenaire du mouvement de protestation contre la colonisation japonaise, le 1er mars 1919 lui donne une dimension particulière. Ce premier jour du combat coréen pour l’indépendance a provoqué une réponse violente de la police japonaise et de nombreux morts. Ce n’était qu’un début car le Japon qui occupait la péninsule e Corée depuis 1910 ne quittera le pays qu’en 1945.

Cette journée sera notamment l’occasion d’honorer Ryu Gwansun (ou Yoo Kwan-Sun), cette jeune fille de 18 ans dont les parents ont été, tous les deux, tués le 1er mars 1919 et qui fut à son tour torturée et tuée par les Japonais, en 1920. Elle avait 18 ans.

Le problème des femme de réconfort va également être mis en avant, comme les différends territoriaux et les réparations de guerre. Les deux Corée affirment que les manuels scolaires japonais dissimulent le passé impérial de Tokyo. En cette période de regain du nationalisme japonais, il lui sera expressément demandé de ne pas toucher à l’article 9 de sa constitution qui lui interdit la guerre. Cette fête officielle ne manquera pas non plus d’être vue comme une opportunité pour l'unité coréenne.

Chaque année, une reconstitution des évènements est organisée dans les rues de Séoul avec des figurants jouant le rôle des soldats japonais et des manifestants se faisant massacrer.

 
coree.jpg
24 février : il y a 101 ans, l'Estonie indépendante
 

C'est la fête nationale de l’Estonie (Eesti Vabariigi aastapäev). Le pays célèbre son indépendance obtenue en 1918, à l’occasion de la disparition de l’Empire russe. Une indépendance qui connaîtra néanmoins une éclipse d'un demi siècle : de 1940 à 1991.

Comme en Finlance, ce jour de fête nationale est l’occasion d’une grande réception organisé par le président de la République sous l’œil des caméra de la télévision. Le défilé interminable des personnalités auxquelle le président serre la main est appelé la "Parade des pingouins". Ce soir-là, la plupart des Estoniens passe leur soirée devant la télévision à commenter la tenue des uns ou des autres et à épiloguer sur la liste des invités. La réception du Président étant toujours organisée le 24 février, des réceptions similaires ont souvent lieu en province le 23 février.

Le 12 février 1919, le gouvernement provisoire désignait le 24 février comme la date de la déclaration d'indépendance en référence, en référence à la publication à Talinn, le 24 février 1918, du manifeste d’indépendance proclamée la veille dans la ville de Pärnu.

 
estonie.jpg
29 janvier : Thomas Paine, révolutionnaire et homme de bon sens
 

Chaque année, le 29 janvier les milieux libres penseurs américains célèbrent Thomas Paine, le jour de son anniversaire. Il est né en 1837 en Angleterre, mais Benjamin Franklin le fait venir en Amérique, où il arrive en en 1774. Le 10 janvier 1776, il publie Common Sense (“Sens commun”) rien à voir avec le mouvement utra conservateur français , ce pamphlet républicain qui promeut l’indépendance de l’Amérique connaît un succès immédiat. D’éditions en éditions, il dépassera les 500 000 exemplaires. Il inspirera George Washington et participera à la création des État-Unis. Aujourd’hui, l’Amérique de Trump ne cultive guère l’héritage d’un penseur qui dès 1775 demandait l’abolition de l’esclavage, prenait position contre les religions, prônait l’éducation publique et gratuite et réfléchissait à un revenu minimum universel. Le personnage n’est pas en phase avec l’Amérique de son époque ni avec celle du moment, hormis dans quelques cercles intellectuels.

L'Association historique nationale Thomas Paine, à New Rochelle, dans l'État de New York, lui rend hommage en déposant une gerbe sur son monument au Thomas Paine Memorial Museum, qui abrite certaines de ses lettres et effets personnels. Le musée est situé sur les anciennes terres agricoles où il s’était un temps retiré. Dimanche prochain des conférences seront données pour cultiver sa mémoire et essayer de promouvoir une Journée du bon sens (Common Sense Day) qui a encore peu d’échos.

Les Français seraient également bien inspirés de se souvenir de ce personnage qui fut une figure de la Révolution française. Réfugié en France car les Anglais le considéraient comme un traitre, il a été naturalisé français et fut élu député du Pas de Calais en 1792. Il habitait à Paris, au 10 rue de l’Odéon. On lui doit un traité sur les droits de homme et un plaidoyer en faveur de l’abolition de la peine de mort. Plutôt que d’exécuter Louis XVI, il a avait proposé d’exiler le roi déchu en Amérique. Ses positions lui valurent la prison sous la terreur. S’il échappa à la guillotine, c’est grâce à l’intervention de l’ambassadeur des États-Unis à Paris. Il est ensuite un des rares députés à critiquer le caractère autoritaire du Directoire. L’arrivée de Napoléon au pouvoir le convaincra de quitter la France pour se retirer en Amérique où ses positions de libre penseur vont le marginaliser. Il est mort en 1809 à 1809, à Greenwich Village, New York. Il habitait au 59 Grove street.

Les Anglais ne l’ont pas totalement oublié, la ville de ses origines, Lewes, dans le Sussex, lui consacre une semaine de festivités chaque début juillet.

 
28 janvier : Cuba fête l’anniversaire de son héros national
 

Il ne s’agit pas de Fidel Castro ni même de Che Guevara, mais de José Marti, un poète qui a lutté toute sa vie pour l’indépendance de Cuba. Mort lors de la bataille de Dos Rio, tué par les les Espagnols le 19 mai 1895, José Marti fait figure de héros de l’indépendance, son nom figure partout à Cuba. Chaque localité possède une statue ou au moins un buste du grand homme, il est célébré chaque 28 janvier par des cérémonies conclues par 21 salves de canon, tirées simultanément de la forteresse de San Carlos de la Cabaña, à La Havane. 

Le culte du fondateur du parti révolutionnaire cubain dont se réclamait Fidel Castro, ne faiblit pas. L’année dernière, pour son 165e anniversaire, la ville de New York a offert à La Havane une réplique de la statue de José Martí qui  avait été érigée en 1965 dans le sud de Central Park, face au Ritz. dans le sud de Central Park, face au Ritz. En 2018, aucun représentant du gouvernement américain n’était présent, il en sera de même en 2019. L’administration Trump a début novembre la mise en place de nouvelles sanctions contre l’île, et réinstauré des mesures en vigueur durant plusieurs décennies et qui avaient été en partie rettoquées par son prédécesseur.

Ce même jour, une gerbe de fleurs est déposée au nom du général d’armée Raul Castro Ruz dans le mausolée qui contient les restes de José Marti (1853-1895), au cimetière de Santa Ifigenia.

José Marti est mort au combat en 1895. Finalement les Espagnols ont été chassés trois ans plus tard, en 1898, remplacés par… les États-uniens.

 
marti.jpg
30 décembre : le jour de Rizal aux Philippines
 

La journée est fériée et chômée aux Philippines, en l’honneur d’un jeune homme exécuté par les Espagnols en… 1896. Il s’agit de José Rizal, son nom est partout dans le pays : université, rues, parcs… son effigie orne les billets de banque et les pièces de monnaies. Jeune médecins, il est mort à 35 ans, mais il a eu le temps de fonder des hôpitaux et des écoles, de parcourir le monde, d’apprendre une vingtaine de langues, dont le français, d’écrire plusieurs romans, notamment pour dénoncer la tyrannie de l’occupation espagnole depuis trois siècles et demi. Ce n’est pas un révolutionnaire, mais les Espagnols, en le fusillant l’ont traité comme tel. De son vivant, son nom était brandit comme un emblème de la révolte. Après sa mort, il sera considéré comme un héros national. La résistance aux Espagnols va s’amplifier jusqu’à qu’ils soient chassés l’archipel en 1898, avec l’aides des États-Unis, qui en profiteront pour imposer leur administration sur le pays jusqu’en… 1946. Les Américains ont encouragé le culte de ce héros national de peur de voir en émerger d’autres, plus radicaux.

 
rizal.jpg
6 décembre : fête nationale de la Finlande
 

Ce jour de fête en Finlande célèbre l'émancipation du pays. Le 6 décembre 1917, à la faveur de la révolution russe, les Finlandais se libéraient de la tutelle de l'empire des tsars. Pour la première fois de son histoire, la Finlande devenait un État.

Ce soir, avant de s'installer devant son poste de télévision pour assister en direct à la soirée de gala donné par le président de la république, chaque famille va déposer deux bougies sur le rebord de sa fenêtre.

À Helsinki, le défilé étudiant traditionnel se terminera à la place du Sénat dans le centre d' Helsinki.  De nombreux chœurs d'église interpréteront l'hymne national, Finlandia, composé par  Jean Sibelius.

Après avoir été suédoise pendant six siècles, jusqu'en 1809, puis Grand-Duché russe jusqu'en 1917, la Finlande n'a acquis son indépendance qu'à la fin de la Première Guerre mondiale, après la chute de l'empire tsariste russe. La future URSS a reconnu son indépendance en 1918.

 
finland.jpg
29 novembre : fête de l'unité au Vanuatu
 

À Port-Vila, capitale du Vanuatu, des délégations de tous les peuples de l'archipel viennent se produisent pour des spectacles de danse en costume traditionnels. Pour ce jour de l'Unité nationale, des compétitions sportives sont également organisés. Il est aussi demandé aux représentants des différentes églises des prières pour maintenir la bonne entente dans un pays où l'on parle pas moins d'une bonne centaine de langues, réparties sur 83 îles. Il y a 41 ans, le 29 novembre 1977, de violents affrontements intercommunautaires avaient fait de nombreux mort. Les festivités organisées aujourd'hui ont pour but d'exorciser ce mauvais souvenir. 

 
vanuatu.jpg
18 novembre : le Maroc célèbre son indépendance
 

En fait, la date de cette fête nationale correspond au retour triomphal du sultan Sidi Mohamed ben Youssef, le 16 novembre 1955 et à sa proclamation de l’indépendance, deux jour plus tard. Les Français l’avaient déposé en 1953 et exilé à Madagascar. Face au mécontentement de la population, Paris l’avait autorisé à revenir et rétabli dans ses droits. L’indépendance du Maroc ne sera cependant accepté par la France et internationalement reconnue qu’en 1956, le 2 mars. L’année suivante, le sultan prendra le titre de roi sous le nom de Mohamed V.

 
M5.jpg