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8 mars : la Journée de la femme
 

L’idée de cette journée internationale de la femme est à la fois féministe et socialiste. Elle aurait été proposée en 1910 par la journaliste féministe allemande Clara Zelkin lors de 2e conférence de l’internationnale des femmes à Copenhague. Mais déjà en 1909, le Parti socialiste américain avait pris une initiative semblable le 28 février. Le 19 mars 1911, plus d’un million de femmes manifestaient dans divers pays. La date du 8 mars a été choisi en 1921 par Lénine en souvenir des femmes de Saint-Pétersbourg qui avait manifesté en 1917 contre la vie chère déclencant un mouvement de protestation qui allait aboutir à la chute du tsar une semaine plus tard. À l’époque, la Russie vivait encore au rythme du calendrier julien pour lequel ce déclenchement de la première révolution russe était daté du 23 février. Par un curieux cheminement de l’histoire, cette date est d’ailleurs devenue en Russie la Journée de... l’homme (voir 23 février). Cette fête du 8 mars est donc très liée au monde communiste et deviendra une commémoration obligatoire à partir de 1946 dans tous les pays qui deviendront des satellites de l’URSS. Si bien que la Tchéquie l’a abolie en 2008 comme un mauvais souvenir d’une époque révolue. La dimention féministe de la Journée de la femme a resurgie dans les années 1970 et son carractère international a été renforcé par son adoption par l’ONU comme une commémortaion officielle en 1977. La France a fait de même après l’arrivé de la gauche au pouvoir en 1981, sans pour autant en faire un jour férié comme c’est le cas dans les républiques soviétiques (où c’est aussi la fête des mères), certains pays d’Afrique... En Chine ou au Népal, on accorde qu’une demi journée chômée et seulement aux femmes. À l’heure où la célébration est devenue mondiale et où la dimension partisane a disparu (en même temps que le monde communiste), certaines voix s’élèvent pour se demander si cette journée a bien lieu d’être, si elle ne produit pas l’effet inverse du but recherché tant le 8 mars est l’occasion de débiter des discours truffés de stéréotypes qui déservent la cause des femmes. Pour d’autres, cette journée est loin d’être un gadget politique, c’est l’occasion de rappeller à l’opinion publi­que qu’un siècle de combat politique n’ont pas effacé les inégalités (tant dans le monde du travail que dans la politique), ni certaines violences faites aux femmes.

 
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18 octobre : le jour où les Canadiennes sont devenues des personnes
 

Le 18 octobre, au Canada, c’est la Journée de l’affaire « personne ».

On remet aujourd’hui à Ottawa, le Prix du Gouverneur général à cinq femmes de nationalité canadienne, âgées de plus de 30 ans (il existe aussi un Prix jeunesse pour les 15 à 30 ans), ayant, par leur détermination et leur courage fait faire des progrès importants en matière d’égalité des sexes dans leur lieu de vie, de travail. Ce prix a été institué en 1979 à l’occasion du cinquantenaire de l’affaire « Personne », un combat qui a véritablement changé le cours de l’histoire des femmes au Canada.

C’est le refus, par trois premiers ministres successifs, de voir une femme accéder au Sénat sous prétexte que les femmes ne sont pas des « personnes ayant les qualités requises » au sens de la constitution du Canada qui est à l’origine de cette révolution. Il faudra la détermination de la principale intéressée, Emily Murphy, et de quatre soutiens influents : Henrietta Muir Edwards, louise McKinney, Nellie McLung et Irene Parlby pour obtenir gain de cause devant le plus haut tribunal de l’Empire britannique, en 1929, après huit années de lutte acharnée.

Tout à commencé en Alberta, où la décision d’une juge était contesté par un avocat. Les autorités de l’Alberta on confirmé la juge dans ses fonctions. Les cinq femme citées plus haut ont alors exhorté la Cour suprême du Canada à donner suite au précédent établi en Alberta. Le 24 avril 1928, la Cour rend une décision contraire à celle de la province, établissant que les femmes ne sont pas des personnes au sens juridique. Tenaces, les cinq femmes portent leur cas directement devant le Conseil privé britannique, outrepassant ainsi les pouvoirs juridiques canadiens. La Grande Bretagne infirmera la décision du Canada le 18 octobre 1929, affirmant, une fois pour toutes, que les femmes sont en effet des personnes au sens de la loi.

L’action de ces cinq pionnières ouvrira la voie à la participation des femmes à tous les aspects de la vie publique au Canada, sur un pied d’égalité avec les hommes.

Ce jour-là, en 1929, le plus haut tribunal d’appel du Canada a rendu une décision historique : les femmes seraient incluses dans la définition du mot « personne » au sens de la loi. C’est ainsi que les femmes ont obtenu le droit de siéger au Sénat, ce qui a mené à une participation féminine grandissante à la vie publique et politique.

 
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