Articles dans Espagne
25 juillet : la Galice en fête pour la Saint-Jacques
 

C’est la fête régionale de la Galice (O Día Nacional de Galicia), province la plus occidentale de l’Espagne. La région commémore son autonome acquise en 1981. L’essentiel des festivités a bien sûr lieu à Santiago (Saint-Jacques) Compostela (de Compostelle) comme dans la région entière pour son célèbre pèlerinage. Le troisième de la Chrétienté, dit-on, après Rome et Jérusalem.

Les origines de cette célébration remontent en fait à novembre 1919, il y a près d’un siècle, lorsque la IIe Assemblée nationale d’Irmanade da Falla qui s’est déroulée à Saint-Jacques de Compostelle a décidé de célébrer la fête nationale de la Galice le 25 juillet dès l’année suivante.

À la fin de l’époque franquiste, la fête se terminait toujours par des heurts avec la police. Si bien que le gouvernement de La Corogne a interdit les manifestations nationalistes jusqu'en 1983, année où des centaines de manifestants ont décidé de se rassembler à Praza de Galicia, Saint-Jacques-de-Compostelle.

Quand le 25 juillet coïncide avec le dimanche, on célèbre l’Année sainte de Compostelle ou Année sainte jacobéenne (Ano Santo Xacobeo, en galicien). Dans ce cas, la concentration de pèlerins venus du monde entier, est encore plus grande. C’est ce qui se produira en 2021.

 
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16 juillet : Notre-Dame du Mont Carmel
 

L'Espagne et une partie de l'Amérique latine fête Notre-Dame du Mont Carmel (Nuestra Señora del Carmen). En Espagne, c'est la patronne de la mer et de l'armée espagnole. Au Chili, elle est aussi la patronne du pays, de ses forces armées ainsi que de ses carabiniers. En Colombie, c'est celle de la police ; au Pérou, de la ville de Lima et de la créolité ; au Vénézuela, de l'armée...

À Tarragone, en Espagne, es pêcheurs et marins font naviguer cérémonieusement la statue de Notre-Dame du Mont-Carmel sur la Méditerranée, en l’embarquant sur un bateau du quartier du Serrallo.

 
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2 mai : Madrid en fête pour le Dos de Mayo
 

Jour férié symbolique s’il en est mais aussi moment de réjouissance dont le cœur est le quartier madrilène de Malasana, autour de la plaza del Dos de Mayo. Autrefois lieu de combat, il est, par la suite, devenu le centre de la movida madrilène dans les années 1980 puis, à partir de mai 2011, le lieu de ralliement des « Indignés ». Mais, en ce 2 mai, les rues de Madrid sont plutôt occupées par des orchestres improvisés, du théâtre de rue et une grande kermesse qui draine une foule venue souvent de loin. Quant à la police, on dit qu’elle fermerait les yeux sur la consommation d’alcool qui atteindrait des sommets en quelques heures !

Dans toute la région, des reconstitutions historiques, des bals, des foires taurines et autres événements sportifs sont également organisés pour célébrer ce qui fut une victoire et reste une cause de fierté pour tout un pays. Le 2 mai 1808, les habitants de Madrid se révoltaient contre l’occupant français, en l’occurrence Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, pressenti pour occuper le trône d’Espagne. Murat lançait l’offensive et fit des milliers de morts parmi la foule après avoir fait abattre les leaders de la rébellion, scènes immortalisées par Goya. S’en suivent six années d’une guerre d’indépendance qui s’achèvera par la victoire du peuple espagnol et le retour sur le trône de Ferdinand VII.

Le Tres de mayo, par Francisco Goya, 1814, représentant la fusillade du 3 mai 1808

 
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14 avril : vive la république espagnole !
 

Les républicains espagnols se souviennent de l’instauration de la république espagnole le 14 avril 1931. Pour ce Jour de la République, célébré par la gauche espagnole, l’acte militant consiste à porter une violette à la boutonnière, couleur de la révolution démocratique. Mieux, on sortira le drapeau républicain rouge, jaune et mauve.

La date fait référence à la Seconde République (la première n'avait duré que quelques mois en 1873 et 1874). Elle a été renversée par un soulèvement militaire qui a débuté en en 1936 et abouti à la prise totale du pouvoir par le général putschiste Franco en 1939. Le second président espagnol est mort en France en 1940. Un gouvernement républicain espagnol en exil a survécu jusqu’en 1977. Il s’est dissous avec le retour de la démocratie en Espagne en 1977, quelques mois après la mort du dictateur. Le compromis historique avec la droite espagnole qui soutenait le régime franquiste a été le retour du roi, non celui d’Alphonse XIII qui avait fuit en 1931 sans avoir abdiqué, mais l’intronisation de son petit-fils Juan Carlos, éduqué par le général Franco. La gauche espagnole qui a accepté en 1977 cet état de fait en garde une certaine amertume. La fin peu glorieuse du règne de Juan Carlos qui a fini par abdiquer au profit de son fils, les scandales multiples qui ont éclaboussés la famille royale, ont ravivé la revendication d’un retour à la république. Le régime légal instauré le 14 avril 1931. C’est ce que vient rappeler cette commémoration annuelle du 14 avril.

 
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20 janvier : hommage à un militaire devenu une icône gay
 

La ville de San Sebastian (Pays basque espagnol) résonne du bruit des tambours et vit au rythme des défilés en costume d’époque napoléonienne depuis hier au soir. C’est la Tamborrada, en ce jour de fête de son saint patron, elle commémore les années d’occupation par les armées françaises, de 1808 à 1812.

Saint Sébastien est aussi le troisième patron de Rome après Pierre et Paul, et celui de Rio de Janeiro (appelée à l’origine São Sebastião de Rio de Janeiro) où ce jour est férié.

Soldat romain, Sébastien était commandant de la garde prétorienne l’empereur Dioclétien, secrètement chrétien et exécuté pour cela. Généralement représenté attaché à un arbre et transpercé de flèches puisque tel fut son martyr, son corps fut enseveli dans les catacombes romaines qui portent aujourd’hui son nom puis transféré dans l’église Saint-Médard de Soissons où l’Ordre de Saint-Sébastien veille sur ses reliques.

Souvent utilisé par les écrivains ou les peintres comme une référence cachée ou ouverte à l’homosexualité, saint Sébastien est aujourd’hui une icône gay.

Saint Sébastien par un anonyme lombard du XVe siècle

 
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5 janvier : les Espagnols accueillent les Rois mages
 

Ce soir en cette veille d'Épiphanie, il convient de bien recevoir les Rois mages, car dans la nuit, ce sont eux qui vont distribuer les cadeaux aux enfants, du moins c’est ce qu’on leur raconte en Espagne. Depuis la fin du XIXe siècle, les municipalités organisent chaque année une « cavalcade des Rois mages » particulièrement populaire à Barcelone où le défilé est suivi par des milliers de personnes.

Les figurants arrivent par bateau vers 19 heures, à ce moment, 21 coups de canons sont tirés du fort de Monjuic. Les Rois mages et leur suite composée de musiciens en costumes, de saltimbanques en tout genre, remontent les Ramblas jusqu’à la place de Catalogne, tout en distribuant des friandises.

En France, Perpignan organise aussi sa cavalcade (photo) qui va du Castillet au parvis de la cathédrale où l'on distribue des chocolats chauds.

À Madrid, chaque quartier a son défilé auquel participent aussi les maires d'arrondissement et le personnel politique.

Ce soir, les enfants sont invités à se coucher tôt, en laissant leurs chaussures près de la fenêtre, sans oublier de prévoir un bol d’eau pour les chameaux et quelques friandises pour les Rois mages. Demain, au réveil, ils trouveront des cadeaux, en complément de ceux qu’ils ont déjà reçu à Noël, et mangeront du Roscon de Reyes, une une brioche aux fruits confits.

 
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2 janvier : Grenade célèbre sa propre conquête
 

En Espagne, la municipalité de Grenade commémore la prise de la ville par les souverains d’Aragon et de Castille, une conquête qui a abouti à l’expulsion d’une partie de ses habitants et l’éradication de leur culture.

Cette cérémonie controversée commence chaque année par un dépôt de gerbes sur les tombes de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille qui reposent dans la Chapelle royale. La ville de Grenade, assiégée depuis le 9 juin 1491, n’a pas été prise par les armes, mais livrée aux Espagnols par le dernier émir de Grenade, Boabdil. Celui-ci, après négociations, a quitté la ville le 2 janvier 1492 contre l’engagement des futurs Rois catholiques de respecter les différents cultes. Cette promesse ne fut jamais tenue, puisque dans les semaines qui ont suivi les musulmans et les juifs n’ont eu d’autres choix que la conversion ou l’exil. S’en était fini de l’Espagne des trois religions évoquée jusque-là par Ferdinand II lui-même, l’Inquisition allait désormais avoir le champ libre. Depuis 2009, la municipalité invite des musulmans, habillés en costume d’époque, à se joindre au cortège, mais ce symbole n’a pas convaincu les associations espagnoles qui militent pour le rapprochement des trois cultures. La cérémonie se termine Plaza del Carmen, vers 13 heures. Des policiers anti-émeutes séparent les militants de l’extrême droite espagnole qui ont fait de cette date l’un de leurs rendez-vous annuels, du reste de la foule qui écoute le plus jeune conseiller municipal crier trois fois « Grenade ! », au son de l’hymne national. La victoire électorale récente de Vox, mouvement d’extreme droite, entré pour a première fois fin 2018 au Parlement Andalou, ne fait qu’exacerber les passions.

Les détracteurs de cette fête régionale sont chaque année plus nombreux. Ils parlent d’un hommage rendu aux bourreaux et de l’oubli des victimes. Cette « Journée de la ville de Grenade » se termine néanmoins par un Festival des cultures où l’accent est mis sur la tolérance. À la suite du rétablissement de la liberté de culte, en…1978, Grenade avait été, cette année-là, la première ville d’Espagne à inaugurer officiellement une mosquée.

 
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28 décembre : le 1er avril des Espagnols
 

En Espagne, dans le monde hispanique et jusqu’aux Philippines,  c’est le jour des farces, à l’instar du 1er avril dans d’autres pays.  De la plaisanterie anodine au véritable canulars, cette journée de la malice est aujourd’hui incontournable. En Espagne, une grande soirée télévisée très populaire met en scène des farces faites à des personnalités du show biz.

Ce jour est connu sous le nom de Día de los Santos Inocentes, référence biblique à la mise à mort des enfants de moins de deux ans nés à Bethléem sur ordre du roi Hérode le Grand.

 
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22 décembre : la loterie de Noël des Espagnols
 

Si vous êtes en Espagne, vous pouvez tenter votre chance à la traditionnelle loterie de Noël. Le premier prix est de 4 millions d’euros, mais les chances de gagner sont limitées car vous serez sans doute plus de 20 millions à avoir acheté un billet. La Sorteo de Navidad est organisée tous les ans depuis 1812. Ce serait aujourd'hui la plus grande loterie du monde. Presque toutes les familles espagnoles participent à cet événement national. 

Depuis 2011, le tirage se déroule au Teatro Real de Madrid, il est effectué par des élèves du Colegio de San Ildefonso. Le résultat est diffusé sur internet 45 minutes plus tard, vers 22.00.

Un site pour savoir si vous avez gagné : www.laloterianavidad.com/buscar-numeros/

 
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