L’Almanach international

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1840, fête du travail, Nouvelle-Zélande Bruno Teissier 1840, fête du travail, Nouvelle-Zélande Bruno Teissier

24 octobre : la fête du travail en Nouvelle Zélande

Ce jour férié, qui tombe le quatrième lundi d’octobre, rappelle le moment où la journée de travail de huit heures a été officieusement adoptée en Nouvelle-Zélande. C’était en 1840.

 

Comme tous les pays anglo-saxons, la Nouvelle-Zélande a une fête du travail (Labour Day ) distincte du 1er mai. Elle a été fixée le quatrième lundi d’octobre, un jour de semaine pour que les travailleurs puissent toujours en profiter. La date fluctuante rappelle le moment (en octobre) où la journée de travail de huit heures a été officieusement adoptée en Nouvelle-Zélande.

On fait remonter cela à l’initiative d’un jeune charpentier anglais, nommé Samuel Parnell, débarqué en Nouvelle Zélande en1840. Profitant de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans ce pays, à l’époque, il sut imposer ses conditions au moment de l’embauche : 8 heures de travail par jour (8 heures de loisir et 8 heures de sommeil), selon la formule lancée par Robert Owen en 1817. Il ne s’est pas tenu à son cas personnel : Samuel Parnell accueillait les navires arrivant à Port Nicholson et disait à tous les nouveaux migrants de ne pas travailler plus de huit heures par jour. Il arriva à ses fins quand, lors d'une réunion ouvrière en octobre 1840, il fut convenu que les gens ne devaient travailler que huit heures par jour, soit entre 8h et 17h. Il fut dit également que quiconque accepterait des conditions de travail moins favorables devait être jeté au port…

Pour le cinquantième anniversaire de la réunion, le 28 octobre 1890, Samuel Parnell a dirigé un défilé de la fête du Travail réunissant quelque 1 500 personnes pour commémorer son établissement de la journée de huit heures. Il mourut quelques semaines plus tard, le 17 décembre 1890. Des milliers de personnes ont assisté à ses funérailles publiques trois jours plus tard. Il est enterré au Bolton street Mémorial Park et sa tombe fait partie du sentier commémoratif. Les célébrations annuelles de l'événement ont donc commencé. 

En 1890, la journée de travail de huit heures était devenue la norme pour les commerçants et les ouvriers, mais de nombreux groupes de travailleurs, tels que les ouvriers agricoles, les domestiques, les cheminots, les vendeurs et les commis, travaillaient faisaient encore de plus longues journées. La fête du travail chaque fin octobre a permis de faire connaitre leurs revendication.

C’est en 1900, que la fête du travail est devenue un jour férié. Mais, chaque province avait choisi sa propre date pour l'observer. Depuis 1910, la fête est marquée le quatrième lundi d'octobre dans toute la Nouvelle-Zélande. Il n’y a plus aujourd’hui de manifestations syndicales traditionnelles ce jour-là, c’est juste un jour de congé en plus des quatre semaines légales. Les syndicats ont tenté d’instaurer une tradition du 1er mai en Nouvelle Zélande, mais sans grand succès.

48 heures est le maximum légal par semaine, mais aujourd’hui, la plupart des salariés ne travaillent qu’environ 40 heures. Comme en Californie, le passage à 32 heures hebdomadaire est discuté.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde

 

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1840, 6 février, Nouvelle-Zélande Bruno Teissier 1840, 6 février, Nouvelle-Zélande Bruno Teissier

6 février : fête nationale contestée en Nouvelle Zélande

L’ambiance de la fête nationale de Nouvelle Zélande n’est pas pas plus sereine qu’en Australie car c’est la date d’un traité entre les autochtones maoris et les colons anglais qui a été choisie. Ce traité a été signé à Waitangi, le 6 février 1840. C’était, il a 180 ans jour pour jour.

 

La Nouvelle Zélande a le mérite de ne pas avoir choisi comme fête nationale l’anniversaire de l’arrivée des premiers Euro­péens, comme le très controversé Australia Day. L’ambiance n’est pas pour autant plus sereine car c’est la date d’un traité entre les autochtones maoris et les colons anglais qui a été choisie. Ce traité a été signé à Waitangi, le 6 février 1840. C’était, il a 180 ans jour pour jour. D’année en année, les activistes maoris ont fait de Waitangi Day une journée de protestation contre l’iniquité du traité qui leur a été imposé par le Royaume Uni. Beaucoup sont, en effet, convaincus que ce traité qui devait les protéger, les a en réalité grandement défavorisés. Surtout, depuis qu’ils ont pris conscience que les versions du texte en anglais et en maoris ne disait pas vraiment la même chose.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les Maoris ont perdu le contrôle d’une grande partie des terres qu’ils possédaient, le plus souvent après des confiscations. Le fameux traité, était alors totalement ignoré. À partir des années 1950, les Maoris ont de plus en plus cherché à utiliser le Traité comme une base pour revendiquer des droits et récupérer les terres perdues. Les gouvernements des années 1960 et 1970 ont répondu en donnant au Traité un rôle de plus en plus central mais selon l'interprétation qu’en ont fait les Anglais. Car, comme on l’a vu, les deux versions divergent.

De fait, peu de commémorations importantes sont organisées pour l’anniversaire de ce jour fondateur de la Nouvelle-Zélande. Les Néo-Zélandais profitent généralement de ce jour férié qui tombe à la période la plus chaude de l’été, pour aller à la plage. Ceux qui ne partent pas, pourront se rendre au Summer Vibes North Shore Waitangi Day Festival à Auckland.

À Waitangi, lieu de signature du traité, les commémorations commencent généralement la veille, le 5 février. Dans les années 2000, des violences avaient régulièrement lieu, au point que la cérémonie avait été déplacée à Wellington. Aujourd’hui, cela se limite à des débats vigoureux auxquels des politiciens néozélandais sont invités à participer.

Célébré depuis 1934, ce jour n’est férié que depuis 1974, d’abord sous le nom de New Zealand Day puis, aujourd’hui, de Waitangi Day. À londres, la ville où vivent le plus d’expatriés néo-zélandais, il est d’usage de faire la tournée des pubs en utilisant la Circle Line du métro londonien. Ce “Kiwi barathon” aura lieu ce samedi, le 8 février.

 
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