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20 avril : la journée du cannabis
 

Four-twenty, 4:20 ou 4/20 est l’expression couramment utilisée en Amérique du nord pour désigner tout à la fois un jour : le 20 avril, une heure : 16h 20 et un événement :  la journée internationale du cannabis, grande fête de la contre-culture ! Dans plusieurs endroits dans le monde, divers rassemblements spontanés ont lieu où les participants sont invités à fumer du cannabis en public (et pas seulement à 16h20, moment propice pour cela semble-t-il) pour protester contre sa prohibition et, aux États-Unis, faire pression sur le Congrès pour légaliser la marijuana (un dérivé du cannabis). Plusieurs théories tentent d’expliquer l’origine de l’expression « four-twenty ». On dit qu’elle viendrait d’un groupe de lycéens de San Rafael, en Californie, qui, dans les années 1970, aurait pris l’habitude de se donner rendez-vous tous les jours à 16h 20 pour fumer du cannabis. Cette heure précise ferait référence à une nouvelle de H.P.Lovercraft, Les murs d’Eryx, dans laquelle le héros, explorant la planète Vénus, se réveille à 16h 20 après avoir gouté d’une plante hallucinogène. Une autre explication renvoie à une chanson de Bob Dylan : Rainy day women #12 & #35, dont le refrain est Everybody must get stoned et qui donne le nombre 420 si l’on multiplie 12 par 35…

 
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15 avril : Boston célèbre Patriots' Day et son fameux marathon
 

Le Patriots' Day commémore les batailles de Lexington et de Concord qui ont vu la victoire des soldats continentaux contre les Britanniques le 19 avril 1775, lors du premier conflit de la guerre d'indépendance des Etats-Unis (1775-1783). Pour beaucoup, il s'agit du premier jour vécu par les États-Unis en tant que nation indépendante, même si la Déclaration d’indépendance ne fut signée que le 4 juillet 1776.

De nombreuses écoles et entreprises sont fermées pour permettre aux habitants de prendre part aux célébrations. Traditionnellement, Boston fait sonner les cloches en mémoire de ces batailles. Des milliers de personnes célèbrent l'événement chaque année en affluant à Lexington et Concord et au Minute Man National Park qui commémore la bataille. Des parades en uniformes militaires coloniaux, des reconstitutions et autres cérémonies sont organisées. À Bedford, près de Boston, on couronne d'un bonnet rouge le roi George, ancien monarque britannique, en signe de défi.

Le Patriots' Day ("jour des patriotes") est un jour férié pour les habitants du Massachusetts, dont Boston est la capitale, et du Wisconsin, mais aussi du Maine – où il est orthographié Patriot's Day. Il ne doit pas être confondu avec le Patriot Day, qui commémore chaque année les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. Autrefois, les célébrations avaient lieu le 19 avril, Patriots’ Day est devenu par la suite une fête mobile.

Boston organise traditionnellement le même jour son marathon de légende pour les passionnés de course à pied. C'est le 1er marathon par son ancienneté, la première édition du marathon de Boston date du 19 avril 1897. Ce 15 Avril est donc sa 123e édition. En 2013, il avait été marqué par un attentat spectaculaire.

La coutume veut également que, ce même jour, l'équipe de baseball Red Sox de Boston joue aujourd’hui à domicile au Fenway Park de la ville. 

 
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12 avril : la Journée astronautique
 

C’est la Journée astronautique qui commémore depuis 1962 le premier vol spatial habité par Youri Gagarine le 12 avril 1961. Ce cosmonaute est devenu une célébrité dans le monde entier, il a grande participé à la gloire de l’URSS, fière de maitriser la technologie de l’espace avant les Américains. La  rivalité s’étendait à la symbolique des dates puis­que Américains ont choisi un 12 avril, 1981, pour lancer dans l’espace leur première navette spatiale Columbia. Depuis 2011, c’est la Journée mondiale des vols habités, décidée par l’ONU.

 
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31 mars : la mémoire d'un Chicanos
 

Ce Chávez célébré en Californie n’est pas l’ancien président du Vénézuela, mais un syndicaliste agricole : César Chávez dont on fête l’anniversaire (il est né le 31 mars 1927 et est mort en 1993), un syndicaliste qui milita pour améliorer le sort des travailleurs immigrés mexicains.  La Californie, le Texas et le Colorado marquent cette date par quelques manifestations. Son slogan  de l'époque , « Sí, se puede  », a inspiré le « Yes we can » de la campagne de Barak Obama.

Fermier d’origine mexico-américaine, dirigeant syndical et militant des droits civiques, César Chávez a obtenu, grâce à ses actions, de meilleures conditions de vie pour les ouvriers agricoles. Il les a encouragé à se regrouper en une association nationale des ouvriers agricoles, la National Farm Workers Association, qui est devenue plus tard la United Farm Workers (syndicat des ouvriers agricoles). Organisant des manifestations, des grèves et des boycotts, Chávez a fini par obliger les employeurs à accorder des salaires convenables ainsi que d’autres avantages et a été à l’origine de la législation introduisant la première convention collective pour les ouvriers agricoles.

 
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26 février : Nation of Islam célèbre son fondateur
 

La Nation de l’islam (Nation of Islam), une organisation politico-religieuse afro-américaine fête l’anniversaire de la naissance de son fondateur, Wallace Fard Muhammad, supposé né en 1877 et vénéré par quelque 30 000 Noirs nord-américains comme la réincarnation d’Allah. Nation of Islam (NOL) est aujourd’hui dirigée par le très controversé, Louis Farrakahn, qui a fait évoluer une branche du nationalisme afro-américain vers des théories suprémacistes (un euphémisme pour ne pas dire racistes).

 
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18 février : aux États-Unis, c'est President's Day
 

La journée est surtout connue des milieux boursiers car ce jour-là, par tradition, Wall street est fermée. Les banquiers et les fonctionnaires fédéraux sont également en vacances. C’est une bonne journée pour le commerce, les vendeurs de voitures sont réputés casser les prix ce jour-là.

Rien avoir avec Donald Trump, les Américains fêtent en réalité l’anniversaire de Georges Washington. Certes, celui-ci est né un 22 février, mais le President Day tombe toujours un lundi. Les commémorations qui associent aussi le président Lincoln (né le 12 février), se déroulent à Washington DC ainsi qu’à Alexandria, en Virginie, sa ville natale. Un grand défilé en costume du XVIIIe siècle, se parcourt les rues de la ville, au son de la cornemuse (Alexandria a été fondée par des Écossais), devant 75 000 spectateurs. La loge maçonnique locale participe également aux célébrations en hommage à l’un des leurs.

Ce week-end prolongé permet aussi aux Américains qui le peuvent de passer trois jours à la montagne pour faire du ski. On notera que les syndicats américains ont obtenu pour que tous leurs jours fériés tombent un jour de semaine (sauf le 4 juillet, date sacrée), une idée à retenir…

 
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12 février : c'est Darwin Day !
 

En réactions aux attaques des différentes religions contre la théorie de l’évolution, décrite par Charles Darwin de manière scientifique, des universités américaines ont lancé un Darwin Day (le savant est né le 12 février 1809) qui a pris aujourd’hui une dimension internationale.

Dans les pays musulmans, de petites groupes d’intellectuels se réunissent ce jour-là pour résister à la pression religieuse ambiante et insister sur la primauté de la science sur les croyances. 

De nombreux centres de recherches ou universités organisent des événement ce jour-là, où le week-end précédent, en particulier aux États-Unis, en Italie, en Suède, Pologne, Espagne, Singapour, Brésil, Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège, Mexique, Portugal, Slovénie, Canada, Japon… La France, pour le moment, ignore l’événement.

Déjà, en 1909, plus de 400 scientifiques et dignitaires de 167 pays se sétaient réunis à Cambridge pour rendre hommage aux contributions de Darwin et pour débattre avec vigueur des récentes découvertes et des théories apparentées qui se disputaient leur acceptation. Également en 1909, le 12 février, l'Académie des sciences de New York et le Musée d’histoire naturelle avaient célébré le 100e anniversaire de la naissance de Darwin et le 50e anniversaire de la publication de L’origine des espèces

Le 12 février est également la journée officielle des îles Galapagos, mais c’est en souvenir de l’annexion de cet archipel par l’Équateur, un 12 février (1832). Localement, ce jour est aussi l'anniversaire de la "découverte" du fleuve Amazone.

Le site officiel

 
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3 février : aux État-Unis se joue le 53e Super Bowl
 

Ce soir, à Atlanta, se dispute la 53e finale du championnat de football américain. C’est l’événement sportif le plus regardé aux États-Unis : près de 120 millions de téléspectateurs et donc les secondes de publicité les plus chères de l’histoire de la télévision (comptez 3 à 4 millions de dollars pour 30 secondes).

Cette année, le Super Bowl LIII opposera les New England Patriots, présents pour la troisième année de suite, aux Los Angeles Rams. La rencontre aura lieu à 00h30, heure française.

Il a été créé en 1967 sous le nom de NFL-AFL World Championship Game, mais l'appellation de Super Bowl s’est vite imposée. Il se déroule à chaque fois dans une ville différente, cette année c’est la ville de Houston et son NRG Stadium qui ont été désignés. La finale va désigner le vainqueur de l’année sportive 2018. Comme les saisons ne coïncident pas avec les années, elles sont désignées par des chiffres romains : LIII pour cette édition. L’équipe gagnante se voit décerner le Vince Lombardi Trophy, et chacun de ses joueurs reçoit une bague en or jaune et blanc, ornée de diamants, dont la valeur dépasse les 200 000 dollars.

Transformée en véritable show, cette manifestation majeure de la culture américaine est aussi le deuxième jour de l’année où l’on mange le plus, après Thanksgiving. Peu d’Américains ont accès au stade, mais tout bar ou restaurant organise une journée spéciale où la bière coule à flot devant l’écran de télévision géant. Ambiance garantie, on évitera de déranger un américain un pareil jour.

 
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1er février : Jour de la liberté aux États-Unis
 

Aux États-Unis, c’est le Jour de la liberté (National Freedom Day), une journée instaurée en 1948 en souvenir du 13e amendement à la constitution qui abolissait l’esclavage. On était en 1865, sous la présidence d’Abraham Lincoln. Libérés de l’esclavage, les Noirs attendront exactement un siècle pour devenir citoyen américains. Et, le sont-ils pleinement dans l'Amérique du président Trump ? Lequel a fait retirer du bureau ovale, le jour-même de son investiture, le portrait de Martin Luther King.

Le 1er février correspond à la date de la ratification de cet amendement par l’Illinois. La moitié des États américains le feront au cours de l’année 1865. D’autres dans les années qui suivent. Un tiers des États, ceux du Middle-West, ne l’on jamais ratifié. Le 13e amendement fut suivi en 1868 par le 14e (qui garantit l'égalité des droits civiques dans les États) et en 1869 par le 15e (qui bannit les restrictions raciales au droit de vote)… les derniers obstacle au vote des Noirs n’ont pourtant été levés que le 6 août… 1965.

Ce jour débute très officiellement aux États-Unis et au Canada, un mois en l’honneur des luttes de la populations noire pour la conquête de ses droits (Black History Month), perçu comme très discriminatoire par les intéressés. L’histoire des Africain-Américains, comme l’on dit aujourd’hui, c’est ni plus ni moins que l’histoire de tous les Américains.

 
29 janvier : Thomas Paine, révolutionnaire et homme de bon sens
 

Chaque année, le 29 janvier les milieux libres penseurs américains célèbrent Thomas Paine, le jour de son anniversaire. Il est né en 1837 en Angleterre, mais Benjamin Franklin le fait venir en Amérique, où il arrive en en 1774. Le 10 janvier 1776, il publie Common Sense (“Sens commun”) rien à voir avec le mouvement utra conservateur français , ce pamphlet républicain qui promeut l’indépendance de l’Amérique connaît un succès immédiat. D’éditions en éditions, il dépassera les 500 000 exemplaires. Il inspirera George Washington et participera à la création des État-Unis. Aujourd’hui, l’Amérique de Trump ne cultive guère l’héritage d’un penseur qui dès 1775 demandait l’abolition de l’esclavage, prenait position contre les religions, prônait l’éducation publique et gratuite et réfléchissait à un revenu minimum universel. Le personnage n’est pas en phase avec l’Amérique de son époque ni avec celle du moment, hormis dans quelques cercles intellectuels.

L'Association historique nationale Thomas Paine, à New Rochelle, dans l'État de New York, lui rend hommage en déposant une gerbe sur son monument au Thomas Paine Memorial Museum, qui abrite certaines de ses lettres et effets personnels. Le musée est situé sur les anciennes terres agricoles où il s’était un temps retiré. Dimanche prochain des conférences seront données pour cultiver sa mémoire et essayer de promouvoir une Journée du bon sens (Common Sense Day) qui a encore peu d’échos.

Les Français seraient également bien inspirés de se souvenir de ce personnage qui fut une figure de la Révolution française. Réfugié en France car les Anglais le considéraient comme un traitre, il a été naturalisé français et fut élu député du Pas de Calais en 1792. Il habitait à Paris, au 10 rue de l’Odéon. On lui doit un traité sur les droits de homme et un plaidoyer en faveur de l’abolition de la peine de mort. Plutôt que d’exécuter Louis XVI, il a avait proposé d’exiler le roi déchu en Amérique. Ses positions lui valurent la prison sous la terreur. S’il échappa à la guillotine, c’est grâce à l’intervention de l’ambassadeur des États-Unis à Paris. Il est ensuite un des rares députés à critiquer le caractère autoritaire du Directoire. L’arrivée de Napoléon au pouvoir le convaincra de quitter la France pour se retirer en Amérique où ses positions de libre penseur vont le marginaliser. Il est mort en 1809 à 1809, à Greenwich Village, New York. Il habitait au 59 Grove street.

Les Anglais ne l’ont pas totalement oublié, la ville de ses origines, Lewes, dans le Sussex, lui consacre une semaine de festivités chaque début juillet.

 
3 janvier : les 60 ans de l'État d'Alaska
 

L’Alaska célèbre chaque année son accession au statut d’État de l’Union. Le 3 janvier 1959, ce territoire acheté à la Russie en 1867, devenait enfin le 49e État. Le 50e sera Hawaï, le 21 juin de la même année. Si ces deux territoires ont tant tardé à être admis à ce statut (une première tentative avait eu lieu en 1916), c’est que les États du Sud craignaient de voir leur représentants voter en faveur du vote des Noirs qui à cette date n’avaient pas encore, aux États-Unis, obtenu leurs droits civique.

Cette année, pour le 60e anniversaire, le cérémonial sera plus marqué que d’habitude, défilés et feux d’artifices. Cela dit, pour des raisons climatiques, les festivités sont plus importantes et plus populaires, chaque 30 juin, anniversaire du vote de la loi (30 juin 1958), l’Alaska statehood Act, qui a permis l’accession au statut d’État du 3 janvier suivant. Les Alaskiens s’étaient exprimés par référendum en ce sens dès 1946, le reste de l’Union a fait trainer le processus pendant une douzaine d’années.

L’Alaska est le plus septentrional des États américains, sur son drapeau figure l‘étoile du Nord, ainsi que la grande Ourse.

 
22 novembre : Thanksgiving aux États-Unis
 

Thanksgiving (action de grâce) est un jour de rassemblement familial pour lequel on a parfois traversé tout le pays, on se retrouve autour d’un repas traditionnellement composé d’une dinde à la sauce aux airelles, accompagnée de pommes de terre et de l’inévitable tarte au potiron (pumpkin pie). Beaucoup de villes organisent aujourd’hui un grand défilé qui aura du mal à rivaliser avec celui de New-York et ses ballons géants, sponsorisé par la chaine de magasins Macy’s, suivi par plus de 2,5 millions de spectateurs et 45 millions de téléspectateurs.

Cette fête trouve son origine dans l’histoire des premiers pèlerins anglais, débarqués du Mayflower dans la baie de Plymouth, au Massachusetts en 1621. Malades et sans ressources, ils survivent grâce au soutien des populations amérindiennes qui les initient à la culture du maïs. La première récolte donne lieu à une grande fête des moissons et une journée d’action de grâce pour remercier Dieu des bienfaits reçus et de la bonne entente avec les autochtones.

 
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31 octobre : Halloween, Samhain, une fête des morts folklorisée
 

Aux quatre coins du monde anglo-saxon, les enfants déguisés en sorcière, monstre ou squelette, vont de maison en maison pour réclamer des friandises en prononçant la fameuse menace ; « Trick or treat » (une friandise ou un mauvais tour !).

Particulièrement vivace aux États-Unis, cette fête est l’occasion de décorer les maisons et les magasins de toiles d’araignée, de squelettes, de fantômes, de chats noirs… on mange ce jour-là de la tarte à la citrouille et on regarde en famille des films d’horreur ! L’emblème de cette fête est la citrouille (découpée pour ressembler à un visage grimaçant et illuminée en son centre par une bougie) issue de la légende irlandaise de Jack-o’-lantern qui erre au milieu des ténèbres et revient chaque année sur terre le jour de Halloween…

Ce jour est aussi celui de Samhain, la principale fête des anciens Celtes et, aujourd’hui, de quelques néo-païens. Elle marquait la fin de l’été, après la toute dernière moisson, et a fini par devenir une fête des morts, se confondant avec Halloween.

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