Articles dans Vies de saint
23 avril : les Anglais fêtent leur saint patron
 

Le cœur des Anglais est-il vraiment à la fête ? N’empêche que Londres et toute l’Angleterre fêtent la Saint-Georges ! Défilés en costume d’époque, spectacles de rue mais aussi food festivals, concert gratuit à Trafalgar Square, durant trois jours le pays vibre au rythme d’une fête qui n’est ni réellement fête nationale ni jour férié mais dont on retrouve tout de même l’emblème au centre de l’Union Flag (ou Union Jack), le drapeau du Royaume-Uni : la croix de St Georges. Un drapeau auquel il faudra s’habituer en cas de Brexit et d’éclatement de l’Union avec le départ de l’Écosse, candidate à une réintégration dans l’UE, le cas échéant.

Originaire de Cappadoce, Saint Georges aurait sauvé la fille d’un roi libyen , proie d’un dragon qu’il parvint à tuer. Arrêté pour avoir refusé de scarifier aux dieux de l’Empire, il subit plusieurs persécutions dont il sort toujours vivant. Il finit par être décapité le 23 avril 303. Devenu saint patron de l’Angleterre au XIVe siècle, sous Édouard III, son nom était employé comme cri de guerre par les chevaliers anglais pendant la guerre de Cent ans (1338-1453).

Depuis 2010, l’ONU célèbre ce même jour la Journée de la langue anglaise (l’une des six langues officielles de l’ONU et l’une de ses deux langues de travail avec le français), moins pour honorer St Georges qu’un autre véritable héros national : William Shakespeare né et mort un 23 avril (1564-1616) !

 
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17 mars : la Saint-Patrick, fête mondialisée
 

Ce n’est pas l’Irlande seule mais une communauté entière d’Irlandais de par le monde qui célèbre aujourd’hui leur saint patron et réaffirment haut et fort son appartenance irlandaise et combien ils sont « proud to be Irish » (fiers d’être irlandais). De Dublin à New-York, les trois maîtres mots pourraient être : bière, musique et danse ! Le caractère festif de la journée dépasse depuis quelques années la seule diaspora irlandaise.

À Dublin débutent cinq jours de fête où se mêlent carnaval, musique à tous les coins de rue, théâtre, feux d’artifice, défilé de plus de quatre mille participants devant un million de spectateurs dit-on, sans compter des pubs ouverts nuit et jour où l’on peut déguster tout ce que l’Irlande a de meilleur en termes de boissons alcoolisées : bières et surtout la fameuse Guinness, véritable symbole national, la Beamish ou la Caffrey’s, whiskeys Bushmills ou Midleton de renommée mondiale et le nom moins célèbre irish coffee.

Cette fête a traversé les frontières pour donner lieu à des manifestations parfois surprenantes. Outre Atlantique, C’est la ville de New-York qui abrite la plus grande parade le long de la 5e Avenue, au pied de la cathédrale néo-gothique St Patrick devant plus de deux millions de spectateurs tandis que la colonie irlandaise de San Francisco défile derrière la statue de St Patrick qui trône sur un char habillé de vert, couleur de l’Irlande, comme la plupart des participants à la fête. À Chicago, la rivière du même nom qui traverse la ville est, elle aussi, colorée en vert !

 
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12 mars : le printemps s'annonce, ici et là
 

Dans plusieur pays d’Europe ont lieu des festivités liées à l’arrivée du printemps. Le 12 mars correspondait autrefois au 21 mars du calendrier julien, ce jour était connu comme la Saint-Grégoire. En 1969, le Vatican a déplacé ce saint au 3 septembre, mais dans certains pays la journée est restée comme le Jour de Grégoire.

En Slovénie, c’est la journée des amoureux, l’équivalent de la Saint-Valentin ailleurs. Les oiseaux ne sont-ils pas sensés nicher dès le premier jour du printemps ? Il est coutume de faire flotter sur les rivières des bateaux en papier en forme maison, chargé d’un mot d’amour. Les enfants font des concours de la plus belle maison flottante. Si c’est le soir, on la fera flotter avec une bougie allumée.

En Lettonie, en ce Jour de Grégoire, on guette le renard ; s’il sort de son hibernage, c’est que le printemps est imminent. Sinon, l’hiver durera encore 2 semaines. Une coutume qui rappelle le Jour de la marmotte observée par les Canadiens le 2 février.

Les îles Féroée célèbre aujourd’hui son oiseau national, l’huitrier-pie, appelé localement le tjaldur, qui rentre de son lieu d’hivernage. Une fête est organisée dans la capitale.

Vol de tjaldur aux Féroées

 
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9 février : la Saint-Maron, fête libanaise
 

La Saint-Maron est jour chômé et fête nationale au Liban. Tous ceux qui comptent, Président, Premier ministre en tête, chefs de file et membres de l’establishment politique, personnalités influentes du monde économique viennent écouter l’homélie du patriarche Béchara Raï, l’une des principales autorités religieuses du pays, axée invariablement sur la moralisation de la vie politique et administrative et sur le respect de la constitution qui prévoit une coopération dans l’égalité et l’équilibre entre les communautés. Ainsi voit-on, le président libanais, Michel Aoun, un chrétien, et le chiite, Nabih Berry, président de l’assemblée nationale assistant ensemble à la messe aux côtés de personnalités musulmanes sunnites, orthodoxes ou arméniennes.  Le plus souvent, cet office est célébré par l'archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar.

Saint Maron (ou Maroun) est un moine qui a vécu en Syrie à la fin du IVe et au début du Ve siècle.  Son tombeau, situé à Brad, près d’Alep, est aujourd’hui difficilement accessible en raison du conflit qui a détruit la Syrie.

Ce jour férié peut être aussi l’occasion d’une journée de ski sur le Mont Liban, avec une petite pause pour la messe.

 
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20 janvier : hommage à un militaire devenu une icône gay
 

La ville de San Sebastian (Pays basque espagnol) résonne du bruit des tambours et vit au rythme des défilés en costume d’époque napoléonienne depuis hier au soir. C’est la Tamborrada, en ce jour de fête de son saint patron, elle commémore les années d’occupation par les armées françaises, de 1808 à 1812.

Saint Sébastien est aussi le troisième patron de Rome après Pierre et Paul, et celui de Rio de Janeiro (appelée à l’origine São Sebastião de Rio de Janeiro) où ce jour est férié.

Soldat romain, Sébastien était commandant de la garde prétorienne l’empereur Dioclétien, secrètement chrétien et exécuté pour cela. Généralement représenté attaché à un arbre et transpercé de flèches puisque tel fut son martyr, son corps fut enseveli dans les catacombes romaines qui portent aujourd’hui son nom puis transféré dans l’église Saint-Médard de Soissons où l’Ordre de Saint-Sébastien veille sur ses reliques.

Souvent utilisé par les écrivains ou les peintres comme une référence cachée ou ouverte à l’homosexualité, saint Sébastien est aujourd’hui une icône gay.

Saint Sébastien par un anonyme lombard du XVe siècle

 
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24 décembre : les maronites fêtent saint Charbel
 

Le monastère maronite Saint-Maron Annaya, situé dans les montagnes au dessus de Byblos (Liban), rend aujourd'hui hommage à Charbel Makhlouf, l'un des saints les plus vénérés du pays. Il est fêté chaque 24 décembre, jour anniversaire de sa mort en 1898, il a 120 ans. Cette année, on célèbre aussi le 45e anniversaire de sa canonisation.

Au Liban, on ne badine pas avec saint Charbel : un jeune Libanais harcelés pour avoir tourné en dérision un miracle attribué au saint patron du pays du Cèdre. 

« L’histoire commence vendredi 13 juillet, lorsque Charbel Khoury, un Beyrouthin de 28 ans, tourne en dérision, sur sa page Facebook, une histoire prétendument sérieuse : celle d’un compatriote résidant en Roumanie qui, faute de parvenir à avoir un enfant avec son épouse, s’est rendu sur la tombe de saint Charbel, dans le nord du Liban, et qui, de retour à son domicile, a découvert sa femme enceinte. Commentaire acide du jeune homme, qui se revendique comme athée : « Est-ce que l’enfant lui ressemble ? »

Ce sarcasme et la mise en doute des pouvoirs guérisseurs du défunt moine, canonisé par le Vatican en 1977 et dont le sanctuaire est un haut lieu de pèlerinage, ont ulcéré de nombreux chrétiens libanais. Le compte Messenger de Charbel Khoury s’est retrouvé noyé sous un flot d’insultes et de menaces, dirigées contre lui et ses sœurs. » Convoqué par la police,  il a dû s’engager à ne pas utiliser Facebook pendant un mois et à s’abstenir dorénavant de tout commentaire sur la religion. (extraits d'un article de Benjamin Barthe, 21 juillet 2018)

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14 décembre : Odile, la bien-aimée des Alsaciens
 

Près de 1,3 million de visiteurs se rendent chaque année sur le mont Saint-Odile. Ils viennent se recueillir devant le tombeau de la sainte, patronne de l’Alsace, dans la basilique ND de l’Assomption ou simplement admirer le panorama qui s’offre à eux à une altitude de 763 mètres. Ce haut lieu de la spiritualité a été fondé par Odile elle-même vers 700 sur les bases du château de Hohenbourg que lui aurait légué son père. Née aveugle, elle aurait recouvré la vue au moment de son baptême, ce qui fait d’elle aussi la patronne des aveugles. Elle est décédée le 13 Décembre 720, mais sa fête a été déplacée au 14 décembre pour la distinguer de la très populaire sainte Lucie. Une des raisons de se rendre au mont Saint-Odile à cette saison est d'y visiter le marché de Noël.

 
13 décembre : Lucie célèbre le retour de la lumière
 

La Sainte-Lucie est l’une des deux célébrations majeures des Suédois, avec la Saint-Jean, le 24 juin. Dans chaque maison ce matin, les filles vont réveiller leurs parents en leur apportant du café et des brioches au safran, les lussekatterou saffran büllar. Ainsi le veut la tradition. Puis elles vont se préparer à une longue procession, vêtues d’une robe blanche et d’une ceinture rouge et la tête ceinte d’une guirlande. Des garçons également vêtus de blanc et coiffés d’un chapeau en forme de cône (stjargossar) les accompagnent. En tête du défilé, sainte Lucie, habillée elle aussi de blanc et de rouge, une couronne de bougies sur la tête. Le groupe va traverser une partie de la ville en distribuant des gâteaux au safran et au gingembre sur leur chemin, tout en chantant ou en récitant des poèmes. À l’origine, la plus jolie fille du village était élue pour tenir ce rôle. De nos jours, c’est chaque ville ou village, chaque école qui élit sa sainte Lucie, des concours sont même organisés au niveau régional puis national. Les journaux locaux publient les photos des prétendantes et demandent à leurs lecteurs de voter. La Miss Suède, couronnée le 13 décembre, est en fait une sainte... ! 

 
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4 décembre : des feux d’artifice pour la Sainte-Barbe
 

Samedi, alors que le Puy-en-Velay voyait sa préfecture en flamme, c’est Saint-Étienne qui célébrait la patronne des mineurs, des artificiers et des pompiers. La Sainte-Barbe tombe en fait le 4 décembre, c’est un grand jour pour Saint-Étienne, ville minière jusqu'à la fermeture du dernier puits en 1983. Autrefois, cette journée était chômée et payée pour les mineurs qui portaient en procession la statue de la sainte de l'hôtel de ville jusqu'à chaque mine. Ce défilé au flambeau qui a eu lieu samedi, a transporté sainte Barbe jusqu'au Puits Couriot, aujourd'hui Musée de la mine où la soirée se termine par l'embrasement du site en un spectaculaire feu d'artifice.

Le 4 décembre, ce sont les mineurs, les artificiers, et bien sûr, les pompiers qui fêtent leur sainte patronne ! Les amicales de pompiers organisent des banquets pour la Sainte Barbe. 

 
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30 novembre : les Écossais fêtent leur saint patron
 

La Saint Andrew (André) est un peu la fête nationale écossaise (en concurrence avec le Burn’s supper, le 25 janvier). Cette journée, fériée depuis 2007, marquée par des fêtes de toutes sortes et des concerts (où la cornemuse est reine), donne aussi le coup d’envoi des marchés de Noël. La croix de St André, apôtre et martyr, est l’emblème de l’Écosse. Elle est figurée en blanc sur le drapeau du pays.

 
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25 novembre : vivent les catherinettes !
 

Aujourd'hui, les jeunes filles de 25 ans, encore célibataires « coiffent sainte Catherine ». Selon l'usage, elle doivent arborer un chapeau extravagant, de couleur jaune et verte généralement. La tradition qui remonte au Moyen-Âge évoque sainte Catherine d’Alexandrie qui avait refusé le mariage avec l’Empereur Maximien et fut martyrisée pour cela. Du coup, on a fait d'elle la patronne des vierges et des jeunes filles.

Cela-dit, la coutume qui n'est plus qu'un folklore que cultive encore certaines communes rurales, devrait aujourd’hui, avancer d'au moins une décennie l'âge des catherinettes. L'âge moyen en France du premier enfant est de 29 ans et celui du premier mariage se situe au de-là des 30 ans.

 
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11 novembre : On célèbre la fin d'une boucherie et on tue le cochon
 

C’est aujourd’hui la Saint-Martin. Jusqu’à une époque toute récente, ce jour marquait, partout en Europe, la fin de la saison agricole et la date de renouvellement des baux ruraux ainsi que l’embauche de nouveaux ouvriers agricoles pour l’année à venir. C’est ce jour-là  aussi qu’on tuait le cochon, qu’on dégustait le vin nouveau ou la bière, selon la région, dans une ambiance festive et, très souvent, une débauche de nourriture qui a donné l’expression : « fêter la Saint-Martin » c’est-à-dire faire bonne chère ou qui désigne l’ivresse due à l’excès de boisson par « le mal de saint Martin ».

Martin de Tours est l’un des saints les plus populaires, 220 villes de France et 12 cathédrales européennes portent son nom ! Il est connu pour avoir donné la moitié de son manteau à un pauvre, geste devenu le symbole universel du partage. Il est né au nord-ouest de l’actuelle Hongrie, en 316. Il a ensuite émigré en Gaule et occupé le poste d'évêque de Tours. Il est particulièrement célébré en Touraine où il a créé le monastère de Marmoutier.

En principe, c'est l’« été de la Saint-Martin ». Il est réputé durer trois jours et correspond à une période de redoux au mois de novembre, avant que l’hiver ne s’installe vraiment. À ne pas confondre avec l’« été indien » des Canadiens qui a lieu un peu plus tôt.



 
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