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26 novembre : l'Ukraine se recueille en souvenir des millions de morts
 

L'Ukraine se recueille dans le souvenir de la plus grave tragédie de son histoire : la mort de 7 à 10 millions de ses habitants lors de la grande famine de 1932-1933, soit quelque 25 à 30% de sa population de l'époque. Une minute de silence est marquée à 19h32.

À Kiev, un cortège se rend au mémorial de l’Holodomor (« mort par la faim », en ukrainien), par la rue Ivan Mazepa. Des milliers d'Ukrainiens viennent en famille y déposer une bougie. Une cérémonie a également lieu à Bykivnia, localité de la banlieue de Kiev où de très nombreux morts ont été inhumés. La Journée de l’Holodomor est moins marquées dans la régions de Kharkiv et de Dniepropetrovsk où pourtant les victimes ont été les plus nombreuses. L’Est de l'Ukraine est aujourd’hui majoritairement peuplé de Russes arrivés après la tragédie. En 2006, Kiev reconnaissait le caractère génocidaire de l’Holodomor, pas Moscou où les autorités arguent que la collectivisation forcée, visant à éliminer les koulaks, a provoqué des famines partout en URSS, l’Ukraine n’était pas spécialement visée. Kiev y voit, au contraire, la volonté de Staline de casser la fierté ukrainienne et de détruire à jamais toute tentation d’émancipation. 

BT

 
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21 novembre : Journée de la dignité et de la liberté en Ukraine
 

Observé pour la première fois en 2014, ce jour férié commémore l’anniversaire de la grande manifestation pro-européenne de l’année précédente. Le 21 novembre 2013, le président Viktor Ianoukovitch annonçait qu’il mettait fin au projet d’accord d’association avec l’Union européenne, préférant un rapprochement avec la Russie. Alors Moustafa Naëm a invité les 160 000 abonnés de sa page Facebook à venir se rassembler sur la place de l’Indépendance, au centre de Kiev. Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel. Ils ont décidé de rester tant que l’accord d’association avec l’UE ne serait pas signé.

Un anniversaire bien morose, néanmoins. Le régime politique a changé en février 2014 (la révolution de Maïdan), mais le système politique et socio-économique s’est largement maintenu. La « révolution de la dignité » a abouti à une corruption éhontée, à un nationalisme militant et au déclin des libertés. Le grand vainqueur est de loin le clan du président Porochenko. En 2016, il a réussi à consolider le pouvoir en plaçant ses alliés aux plus hautes fonctions. Aujourd’hui, l’exécutif, le législatif et le judiciaire sont en grande partie ­contrôlés par son clan. Désormais, une nouvelle génération de dissidents est persécutée par le président et ses proches.

 
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