Articles dans Birmanie
13 avril : le nouvel an bouddhique
 

Les bouddhistes entrent dans l’année 2562. En Thaïlande, les célébrations durent de 3 à 10 jours selon les régions. On commence toujours par un nettoyage complet de la maison puis on se rend au temple le second jour avec des offrandes, on y écoute l’enseignement de Bouddha, dont on asperge d’eau les effigies, enfin on se réunit pour partager un véritable festin non sans avoir, au préalable, versé de l’eau parfumée sur les mains et les pieds des personnes les plus âgées en signe de respect... avant, bien sûr, de se lancer dans de véritables batailles d’eau dans les rues. Selon les pays cette fête prend des noms différents : Songkran en Thaïlande ; Thingyan, en Birmanie ; Pimai, au laos ; Chaul Chnam thmey, au Cambodge...

La date exacte du nouvel an est déterminée par le calendrier lunaire, mais pour des raisons pratiques, les festivités ont été fixées en date du 12 au 15 avril tous les ans. 

 
eau.png
27 mars : les Birmans célèbrent leur armée
 

Le jour est férié en Birmanie en souvenir du soulèvement général des Birmans contre l’occupation japonaise (1945). Le 27 mars est le jour où civils et militaires se sont retournés contre le régime fasciste japonais et l’a chassé du pays. La Journée de la résistance antifasciste (ဖက်ဆစ်တော်လှန်ရေး နေ) a été rebaptisé Jour de l’armée, Tatmadaw (တပ်မတော်) sous le régime militaire (1962 à 2016). Cette une journée était très controversée sous la dictature. Elle perdure et s'illustre par un grand défilé militaire organisé dans la capitale Naypyidaw. Une occasion pour l’armée de montrer qu’elle détient toujours la réalité du pouvoir.

 
birm.jpg
27 novembre : double et trouble mémoire en Birmanie
 

Alors le pays est le théâtre d'un vrai nettoyage ethnique visant la minorité Rohingyas victime de viols, tortures, massacres et meurtres...  La Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi qui marraine le président actuel reste étonnement silencieuse face à ce génocide en cours.  À l'époque où la junte militaire était au pouvoir, chaque 27 novembre, des manifestations étudiantes réclamait la libération d'Aug San Suu Kyi. Cette date fait figure de fête nationale en Birmanie, elle rappelle la première grève des étudiants birmans face aux autorités coloniales britanniques qui venaient d’adopter une législation discriminatoire.

La Journée nationale est aussi marquée par le souvenir de Thibaw Min, le dernier roi. On se souvient qu’il demanda aux émissaires Britanniques de se déchausser avant d’entrer dans son palais. Ceux-ci refusèrent et le traitèrent de tyran. Ce fut le prétexte d’une conquête du pays. En deux semaines le royaume birman était envahi et le 29 novembre 1885, le roi était expédié en exil en Inde. Le 1er janvier suivant, la Birmanie était intégrée à l’Empire britannique.

Aujourd'hui, ce sont les Birmans qui écrasent de leur mépris les Rohingyas sans défense et les massacrent dans le but de les éliminer du pays. Ne pourrait-on pas arrêter ce génocide, avant qu'il faille trouver une date pour le commémorer.

Dans un rapport accusant l'armée birmane de "génocide", publié en août 2018, des enquêteurs de l'ONU déploraient qu'Aung San Suu Kyi, chef de facto du gouvernement birman, n'ait pas notamment utilisé son "autorité morale" dans la crise. Le Canada et plusieurs villes britanniques, dont Glasgow, Edimbourg et Oxford, ont retiré à Aung San Suu Kyi son statut de citoyenne d’honneur, imités en cela par le Musée de l’Holocauste de Washington qui l’a privée de son Prix Elie Wiesel  et Amnesty International qui l’a déchue de son titre d’”Ambassadrice de conscience”. En revanche, il n'est pas question pour le comité Nobel de retirer un prix de la paix car les statuts du prix Nobel de la paix ne le permettent pas. 

 
rohingya.jpg