Articles dans Algérie
5 décembre : la date qui ne commémore rien
 

En France, la Journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie est une date très contestée est peu suivie, même si certaines municipalités organisent tout de même un moment de recueillement au monument aux morts. Ne cherchez pas dans un livre d’histoire ce qui s’est passé un 5 décembre. La date tient du hasard de l’agenda présidentiel. Le 5 décembre 2002, le président Chirac inaugurait un mémorial situé quai Branly à Paris et dédié à aux guerres de la décolonisation. L’année suivante, une commission reprenait cette date afin de tenter d’éliminer la commémoration du 19 mars à laquelle est attachée la plus grande association d’anciens combattants, la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc, Tunisie), mais récusés par d’autres. Les dirigeants de la Fnaca ont appelé au boycott de cette commémoration officielle.

 
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1er novembre : la « révolution » algérienne
 

L’Algérie commémore sa « Révolution de novembre ». Ce jour-là en 1954, une série d’attentats coordonnée par un FLN qui faisait pour la première fois parler lui, marquait le déclenchement de la Guerre de libération nationale. Ce jour férié est marqué par des défilés militaire et la glorification de la guerre d’indépendance. De cette « Toussaint rouge », les Français ont surtout gardé l’image de ce jeune instituteur français qui venait prendre son premier poste dans le bledet qui fut abattu après l’attaque du bus dans lequel il voyageait. Il faudra cependant de longs mois avant que Paris ne réalise qu’une guerre avait commencé ce jour-là. L'Algérie célèbre le début officiel de sa guerre de libération, laquelle avait en fait débuté en 1945, mais peu l'avaient vraiment compris.

Un demi siècle après cette « révolution », le régime est totalement fossilisé, à l’image de ce président octogénaire que l’on déplace en fauteuil roulant, incapable de s’exprimer et qui se présente, où plutôt que l’on présente, à un quatrième mandat.

 
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17 octobre : Rendez-vous à Paris, sur le pont Saint-Michel
 

Le 17 octobre 1961, quelque 20 à 30 000 Algériens de Paris manifestaient pacifiquement pour protester contre le couvre-feu auquel ils étaient astreints. Sur ordre de Maurice Papon, préfet de police de Paris, les forces de l’ordre lancèrent un l’assaut qui sera sans pitié : ceux qui cherchaient à rentrer chez eux furent arrêtés au pont de Neuilly et jetés dans la Seine par les policiers. Très peu savaient nager, la plupart se sont noyés. D’autres ont été retrouvés pendus près du Centre d’identification de Vincennes. La police reconnaît 140 victimes, les historiens évoquent 600 morts et disparus. Le drame a longtemps été occulté, notamment par la tuerie policière du métro Charonne, l’année suivante, autre page noire des années De Gaulle. Il a fallu la manifestation anniversaire de 1991 pour que la mémoire des faits resurgisse et que les familles demandent réparation ; puis un procès, en 1999, pour que l’État admette la réalité du massacre. Cela dit, Lionel Jospin s’opposera à une reconnaissance officielle. En 2001, le maire de Paris inaugura une plaque sur le pont Saint-Michel où a lieu la commémoration annuelle, au cours de laquelle une gerbe est jetée dans la Seine. Quant à l’Algérie, elle a fait du 17 octobre la Journée nationale de l’Émigration.

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