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7 février : l’indépendance de la Grenade
 

La Grenade, petite île des Caraïbes, fête son indépendance obtenue en 1974 après deux siècles de présence britannique. Sans rompre avec le Commonwealth, le processus a été conduit par le chef du gouvernement Eric Gairy, ex-syndicaliste, un ancien instituteur. Celui-ci sera renversé cinq ans plus tard par un coup d’état mené par un mouvement révolutionnaire dirigé par Maurice Bishop. Ce gouvernement pro-cubain sera ensuite renversé par une intervention militaire américaine, c’était en 1983, c’est aussi la dernière victoire militaire dont l’armé des États-Unis puisse se prévaloir. Mais aujourd’hui, ce sont les évènements de 1974 qui sont célébrés par un jour férié. La fête nationale de la Grenade fait également l’objet de défilés patriotiques en présence de la représentante de la Reine, au nom évocateur, Cécile La Grenade.


 
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30 octobre : la mémoire refoulée du Goulag
 

Ils sont quelques centaines, peut-être un millier, à se rassembler autour d’une grosse pierre devant laquelle brûlent des dizaines de bougies. La roche a été rapportée des îles Solovki, là où les premiers camps de concentration soviétiques ont été établis dès les années 1920. Placée là par l’organisation Mémorial, elle sert à Moscou de monument commémoratif aux victimes de la répression politique que l’on célèbre officiellement en Russie et dans les ex-républiques soviétiques (sauf l’Ukraine qui a commémoré ses martyrs le 19 mai). Nous sommes sur la place de la Loubianka à Moscou, le bâtiment qui abritait jadis le siège du KGB, et aujourd’hui celui de son principal successeur le FSB. Un semblable attroupement a lieu au même moment à Saint-Pétersbourg devant une pierre de la même ori­gine. Cela dit, les commémorations demeurent bien discrètes eu égard aux 10 à 15 millions de morts dans les camps du Goulag soviétique. La Russie de Poutine a de plus en plus de mal à regarder son passé en face.

Le 30 octobre 1974, dans son propre appartement Andreï Sakharov (et Sergueï Kovalev) organisent la première conférence de presse annonçant que le 30 octobre serait désormais le « jour des détenus politiques en URSS ». Le même jour, dans les camps de Mordovie, de Perm et à la prison de Vladimir, des détenus politiques entament une grève de la faim. Les années suivantes des manifestations se déroulent à la même date. Le 30 octobre 1989, plus de 3000 personnes, tenant des cierges, font une chaine humaine autour du siège du KGB, sur la place de la Loubianka à Moscou. Ils sont dispersés par les troupes du ministère de l'Intérieur. Finalement, en 1991, le le Soviet suprême fait inscrire le 30 octobre dans le calendrier des fêtes d'État comme « jour pour la mémoire des victimes des répressions politiques ». Mais les cérémonies officielles sont toujours très minimalistes et très peu relayée par la presse. Cette commémoration repose sur la spontanéité d’une petite part, souvent âgée, de la population.

 
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