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9 avril : il y a 71 ans, le massacre de Deir Yassin en Palestine
 

Alors qu'Israël poursuit imperturbablement sa colonisation, que Netanyahou promet l’annexion des colonies de Cisjordanie, les Palestiniens commémorent le massacre de Deir Yassin, petit village palestinien dont la population a été tuée en 1948 par une milice d’extrême droite juive (Irgoun) dans le seul but de créer la terreur dans la population palestinienne et ainsi « libérer » le territoire du futur État israélien. 

Le 9 avril 1948, alors que la Palestine était encore occupée par les Britanniques, une milice d’extrême droite juive (Irgoun) lançait une attaque contre un village arabe musulman qui jusque là vivait en bon terme avec les localités environantes, y compris juives. Épaulée par la Haganah, l’armée de l’Agence juive, Irgoun finit par venir à bout de la résistance de ce village de quelques centaines d’habitants, ceux qui n’ont pas réussis à fuir sont exécutés, hommes, femmes, enfants, soit entre 120 et 254 victimes selon les sources. Rayer ce village de la carte s’intégrait dans le plan de « nettoyage ethnique » de la région. Aujourd’hui les  traces de Deit Yassin ont complètement disparue, il se trouvait à 5 km de Jérusalem, sur la route de Tel Aviv. Mais, l’objectif était avant tout de semer la terreur parmi la population arabe. La nouvelle du massacre a créé un véritable choc psychologique, provoquant un mouvement de panique parmi les populations arabes, accélérant son exode. L’objectif des combattants sionistes était atteint, vider le territoire à conquérir.

Depuis la date du 9 avril est commémorée dans le monde arabe, elle symbolise le drame palestinien. Qui s’en souci aujourd’hui ? Entre la commémoration du génocide rwandais et le 75 anniversaire de la rafle d’Izieu, il n’y a plus guère de place dans les médias pour se souvenir de la question palestinienne, complètement passée de mode.

 
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4 février : le Sri Lanka fête son indépendance
 

Ce jour est une fête nationale au Sri Lanka célébrée partout dans le pays par des cérémonies, des danses, des défilés et des représentations. Habituellement, la célébration principale a lieu à Colombo , où le président hisse le drapeau national et prononce un discours télévisé. La marine sri-lankaise rend hommage au pays  avec 25 coups de canon tirés de la batterie d'armes cérémonielle du phare de Colombo . Le pays fête son 71e anniversaire. Sri Lanka, autrefois Ceylan, n'existe que depuis le départ des Britanniques en 1948. 

Dix ans après la fin de la guerre civile ayant opposé le gouvernement sri-lankais (dominé par la majorité cinghalaise bouddhiste) aux Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), le nord et l’est de de l’île demeurent sous le joug du militarisme et de la loi antiterroriste, qui permet des arrestations arbitraires. Quant aux familles des victimes, elles attendent toujours que justice soit rendue.

 
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26 janvier : l'Inde célèbre son modèle démocratique
 

Les pays où les résultats des élections ne sont pas connus d’avance ne sont pas aussi nombreux qu’on ne le pense. L’Inde est l’un d’eux et les législatives qui doivent s’y dérouler en avril et mai 2019 pourraient révéler des surprises. Les nationalistes hindouistes du BJP pourraient bien devoir céder le pouvoir à l’opposition, dominée par le parti du Congrès. Voilà au moins une différence majeure entre l’Inde et la Chine : l’alternance démocratique. Une leçon aussi pour l’Occident où une partie de l’opinion se dit fatiguée de la démocratie.

Un défilé militaire très coloré et teinté de ferveur patriotique parcours chaque 26 janvier la majestueuse avenue Rajpath à New Delhi pour ce Jour de la République. La date célèbre l’entrée en vigueur de la Constitution qui fait de l’Union indienne « une république souveraine, socialiste, laïque, démocratique », le 26 janvier 1950.

72 ans après l’indépendance de 1947, la « plus grande démocratie du monde » jouit d’un système politique stable, où les élections permettent de changer le gouvernement et où la presse et la justice veillent au respect des droits des citoyens. L’envers du décor : une bureaucratie imposante, une corruption endémique (lien de nombreux politiciens avec la pègre), un clientélisme politique généralisé et l’émergence de partis populistes. Des défilés militaires ont lieu dans différentes villes, c’est aussi l’occasion pour l’Inde mettre en scène sa puissance militaire. Le Jour de la République est également l’occasion au Cachemire de manifester contre la politique de New Delhi à son égard.

De 1930 à 1947, chaque 26 janvier, le Parti du Congrès (le mouvement indépendantiste indien) appelait à manifester contre l’occupation britannique du pays. Cette date était désignée comme le « Jour de l’indépendance » depuis qu’en 1930, le 26 janvier, ce parti avait proclamé (sans effet) l’indépendance du pays en réponse à l’octroi d’un simple statut de « dominion » à l’Inde par les Britanniques qui occupaient le pays.

 
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10 décembre : la journée des droits de l'homme
 

C’est la Journée mondiale des droits de l'homme, jour anniversaire de la déclaration universelle adoptée le décembre 1948, à Paris, au Palais de Chaillot. Le texte rédigé par René Cassin est le plus traduit au monde : 512 langues de ­l'abkhaze au zoulou, symbole de son universalité.

Les 193 Etats membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont, au fil des décennies, adopté la Déclaration universelle. Mais aucun ne l’applique totalement. La Déclaration universelle n’est pas un traité. En l’adoptant, les États proclament des droits sans avoir à se conformer à des obligations juridiques. 

Le succès du modèle chinois de développement, qui se construit contre les droits humains, gagne hélas du terrain dans les esprits, notamment dans les pays émergents. Dans les pays autoritaires, comme la Russie, la Turquie, le Venezuela, le Philippines et aujourd’hui au Brésil, la violation des droits humain n’est plus sanctionnée… Un bien morose 70e anniversaire, même si les progrès sont considérables depuis 1948.

 
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1er décembre : le Costa Rica, un pays sans armée depuis 70 ans
 

Beaucoup de pays célèbrent leur armée, le Costa Rica fête chaque année son abolition. Elle a été dissoute il y a 70 ans, jour pour jour, le 1er décembre 1948, et le budget largement orienté vers le système éducatif et la santé, deux secteurs particulièrement performants aujourd’hui. Le siège de la police militaire est devenu un lycée, le Musée national est installé dans une ancienne caserne… Premier pays du monde a avoir sauté le pas, ce petit pays d’Amérique centrale promeut chaque année une Journée internationale pour l’abolition de l'armée qui n'a pas eu jusqu'à présent beaucoup d'échos. Seul son voisin du sud à répondu. Le Panama a supprimé la sienne en 1991, deux ans après une invasion militaire américaine. Armée ou pas, ces petits États de font pas le poids quand une grande puissance intervient, alors à quoi bon ? Le Lesotho envisage de faire de même très prochainement.

 
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